Épisode 13 : Spirale Temporelle

Catégorie :
Épisode 13Ère des Rifts (2003-2007)📖 22 min de lecture
Ép. 12Épisode 12 : Les Cicatrices du T...
Ép. 14Épisode 14 : L'Aube d'une Nouvel...

Le ciel au-dessus de Dominaria saignait. Là où autrefois brillaient des étoiles, des fissures béantes déchiraient la réalité elle-même — des plaies lumineuses qui pulsaient d’une énergie impossible, aspirant la mana du monde comme des sangsues cosmiques. Plusieurs siècles s’étaient écoulés depuis l’Apocalypse, depuis la victoire sur Yawgmoth, et pourtant Dominaria n’avait pas guéri. Au contraire, le plan se mourait.

Bienvenue dans l’épisode 7 de notre exploration du lore de Magic: The Gathering. Nous atteignons le point culminant de l’Ère des Rifts : la Spirale Temporelle. Dans l’épisode précédent, nous avons découvert les huit rifts qui déchiraient Dominaria et comment Teferi réalisait l’ampleur du désastre qu’il avait contribué à créer. Aujourd’hui, nous suivons la quête désespérée pour refermer ces blessures cosmiques — une quête qui exigera les sacrifices les plus terribles que le Multivers ait jamais connus.

Les planeswalkers face à la crise : unis contre une menace qui transcende les plans, ils devront faire des sacrifices impossibles pour sauver le Multivers.
Les planeswalkers face à la crise : unis contre une menace qui transcende les plans, ils devront faire des sacrifices impossibles pour sauver le Multivers.Art: Wizards of the Coast

Le Prix de la Réparation

Teferi et Jhoira avaient passé des mois à étudier les rifts, à analyser leur structure, à chercher un moyen de les refermer. Leurs recherches les menèrent à une conclusion terrifiante : chaque rift majeur ne pouvait être scellé que par le sacrifice d’une étincelle de planeswalker.

L’étincelle — cette essence quasi-divine qui permettait aux planeswalkers de traverser les Éternités Aveugles et de voyager entre les plans — était la seule énergie assez puissante pour cautériser ces blessures cosmiques. Il fallait convaincre les derniers Oldwalkers de renoncer à leur immortalité, à leur pouvoir quasi-divin, pour sauver un monde qu’ils avaient connu depuis des millénaires.

Le processus lui-même était d’une violence inouïe. L’étincelle devait être arrachée de l’âme du planeswalker — non pas donnée volontairement comme un cadeau, mais extirpée, canalisée de force dans le rift. Le planeswalker sentait chaque fibre de son être immortel se déchirer, des millénaires de pouvoir accumulé s’évaporant en un instant. Ceux qui survivaient à la procédure se retrouvaient diminués, mortels, vulnérables — des échos de ce qu’ils avaient été.

La tâche semblait impossible. Les Oldwalkers étaient des êtres orgueilleux, habitués à leur puissance illimitée. Pourquoi sacrifieraient-ils tout ce qu’ils étaient pour un plan qui ne représentait qu’une goutte d’eau dans l’océan infini du Multivers ?

À gauche, Délai représente la suspension du temps, les sorts restant bloqués entre les secondes avant de se manifester. Au centre, l’Élémental de Rift montre les créatures nées des anomalies temporelles, se nourrissant de l’énergie des objets phasés. À droite, l’Éclair de Rift illustre les énergies chaotiques qui s’échappaient de ces blessures cosmiques.

Les Nouveaux Alliés

Venser, l’Artificier d’Urborg

Dans les marais putrides d’Urborg — là où les vestiges de Phyrexia pourrissaient encore — Teferi et Jhoira découvrirent un jeune homme extraordinaire. Venser vivait seul dans un atelier délabré, récupérant des composants phyrexians pour construire ses inventions. Son père, un récupérateur, avait disparu dans les marécages des années auparavant, le laissant orphelin.

Venser nourrissait une haine profonde pour Urborg et rêvait de s’échapper de ce cauchemar de boue et de mort. Pour y parvenir, il avait construit l’Ambulateur — un appareil de téléportation alimenté par deux Pierres de Pouvoir identiques qu’il avait découvertes dans les ruines. Mais ses expériences avaient connu peu de succès.

Ce que Venser ignorait, c’est qu’il possédait un don naturel : il pouvait se téléporter instinctivement, sans magie conventionnelle. Teferi reconnut immédiatement ce que cela signifiait — une étincelle de planeswalker latente, prête à s’éveiller.

L’arrivée de Teferi déclencha une réaction en chaîne. Lors d’une perturbation causée par le rift au-dessus d’Urborg, Venser fut aspiré dans une anomalie temporelle avec ses nouveaux compagnons. Avec l’aide magique de Teferi et Jhoira, il réussit son premier transplanement — son étincelle s’éveillant enfin.

Pour Venser, ce fut une révélation. Toute sa vie, il avait cru que ses capacités venaient de ses machines, de son génie d’artificier. Mais son pouvoir était en lui depuis le début — une flamme prête à s’embraser. L’Ambulateur n’était qu’un catalyseur, un outil pour canaliser ce qu’il possédait déjà. Cette prise de conscience transforma le jeune homme timide et solitaire en un allié déterminé de la cause de Teferi.

Venser, Shaper Savant
Venser, Façonneur Savant : un brillant artificier d'Urborg dont les talents de téléportation naturelle annonçaient l'émergence d'une nouvelle génération de planeswalkers

Radha, la Guerrière de Keld

Un autre allié crucial rejoignit leur cause : Radha, une guerrière au sang mêlé. Petite-fille du seigneur de guerre keldon Astor, elle possédait la peau cendrée et les muscles imposants de son héritage keldon, mais aussi les oreilles pointues et les marques bleues des elfes de Skyshroud.

Teferi identifia Radha comme “la première découverte d’une nouvelle race de planeswalkers potentiels”. Elle partageait une connexion étrange avec le rift au-dessus de Skyshroud — une résonance qui suggérait un potentiel d’étincelle dormant. Cette connexion la rendait précieuse pour canaliser la mana nécessaire à la fermeture des rifts… mais aussi terriblement vulnérable.

À gauche, Jhoira, Innovatrice Éternelle — l’une des premières étudiantes de l’Académie de Tolaria, rendue immortelle par l’eau infusée d’anomalies temporelles. Au centre, le Familier de Jhoira, un automate volant qu’elle avait construit pour l’assister à travers les siècles. À droite, le Chronoptère de Jhoira, un artefact qu’elle utilisait pour manipuler les flux temporels.

La Campagne des Sacrifices

Équipés de nouvelles connaissances et de nouveaux alliés, Teferi et ses compagnons commencèrent leur campagne pour fermer les rifts. Un par un, les derniers grands planeswalkers de l’ancienne ère furent confrontés à un choix impossible.

Karn : Le Voyage dans le Passé

Le premier rift à être fermé fut celui de Tolaria — l’île où Urza avait mené ses expériences temporelles catastrophiques, où Barrin avait lancé un sort d’oblitération qui avait amplifié les dégâts au-delà de toute réparation.

Karn, le golem argenté devenu planeswalker, était le seul capable d’accomplir cette tâche. Il utilisa ses pouvoirs pour voyager dans le temps lui-même, retournant à l’époque de l’Invasion — avant que Barrin ne détruise Tolaria. Là, il donna son étincelle pour sceller le rift à sa source.

Le sacrifice fonctionna, mais le coût fut terrible. Privé de son étincelle, Karn devint vulnérable à quelque chose qu’il portait en lui depuis sa création : l’huile luisante de Phyrexia, héritée de la pierre-cœur de Xantcha. Sans l’étincelle pour la contenir, la corruption commença à prendre le contrôle de son esprit.

Karn s’enfuit vers Mirrodin, son plan artificiel, laissant un message sinistre : “Ne me suivez pas.” Mais en fuyant, il laissa des traces d’huile luisante sur chaque plan qu’il traversait — semant les graines d’une future catastrophe phyrexiane.

Ce sacrifice établit un précédent crucial. Karn prouva que les rifts pouvaient effectivement être fermés — mais aussi que le prix à payer était effroyable. Pour les autres Oldwalkers, le message était clair : la fin de leur existence divine était peut-être le seul moyen de sauver le Multivers.

La corruption de Karn par l’huile luisante révéla aussi une vérité troublante : même les planeswalkers les plus puissants portaient en eux les graines de leur propre destruction. Le golem argenté avait été créé par Urza avec la pierre-cœur de Xantcha — une Phyrexiane convertie — et cette origine infectée le rattrapait maintenant. Les actes du passé, même les plus héroïques, avaient des conséquences imprévues. Cette leçon, les planeswalkers de la nouvelle ère l’apprendraient à leurs dépens.

Teferi : L’Exemple par le Sacrifice

Après le départ de Karn, c’est Teferi qui donna l’exemple. Le rift au-dessus de Shiv était l’un des deux qu’il avait lui-même créés en phasant le continent des dragons hors de la réalité. Il ne pouvait pas demander aux autres de payer pour ses propres erreurs.

À Shiv, Teferi donna son étincelle.

Le processus fut dévastateur. En un instant, le pouvoir qui l’avait défini pendant des millénaires s’évanouit. La capacité de voyager entre les plans, l’immortalité, la maîtrise du temps elle-même — tout disparut. Teferi devint mortel. Un simple humain, aussi vulnérable que n’importe qui d’autre.

Jhoira, qui l’avait connu pendant des siècles comme le chronomancien le plus puissant du Multivers, le vit s’effondrer après le rituel. Les rides apparurent sur son visage. La fatigue — une sensation qu’il avait oubliée depuis longtemps — s’abattit sur lui. Pour la première fois de sa longue existence, Teferi ressentit le poids des années qu’il avait accumulées. Il était toujours un mage puissant, mais sa connexion intime avec le temps s’était brisée. Il ne pouvait plus suspendre les secondes, plier les minutes, remonter les heures. Il était prisonnier du temps, comme tous les mortels.

Mais son sacrifice porta ses fruits. Le rift de Shiv se referma, et le continent des dragons put enfin revenir dans la réalité, reprenant sa place sur Dominaria après des siècles d’absence.

Teferi, Temporal Archmage
Teferi, Archimage Temporel : le chronomancien légendaire sacrifia son étincelle pour réparer le dommage qu'il avait causé en phasant Shiv

À gauche, la Protection de Teferi, un sortilège puissant représentant sa capacité à isoler des choses de la réalité — la même magie qui avait phasé Zhalfir et Shiv. Au centre, Stroboscope de Réalité montre les effets chaotiques des manipulations temporelles sur le tissu de la réalité. À droite, Évanescence évoque la disparition progressive de tout ce qui faisait de Teferi un dieu parmi les mortels.

Freyalise : La Gardienne de Skyshroud

Freyalise était l’elfe planeswalker qui avait mis fin à l’Ère Glaciaire en lançant le Sort du Monde. Depuis, elle protégeait farouchement la forêt de Skyshroud — qu’elle avait transportée depuis Rath vers Dominaria lors de l’Invasion Phyrexiane.

Mais Freyalise était devenue xénophobe avec l’âge, refusant d’écouter les avertissements de Teferi sur les rifts. Elle préférait protéger sa forêt à sa manière, utilisant même des slivoïdes comme armée militaire. Sa résistance fut brisée par une invasion inattendue.

Des Phyrexians d’une réalité alternative — un monde où l’Ère Glaciaire n’avait jamais pris fin — émergèrent du rift de Skyshroud. Le Roi Tisseur, une entité psychique malveillante, usurpa son contrôle sur les slivoïdes. Épuisée, acculée, Freyalise eut finalement un moment de clarté : elle comprit enfin le sacrifice de Teferi.

Dans un dernier acte héroïque, Freyalise rappela toute la magie protectrice qu’elle avait maintenue sur Skyshroud depuis la Superposition de Rath. Elle canalisa une explosion massive de mana verte et rouge dans le rift, le scellant à jamais. Le prix fut terrible : Freyalise mourut, et la forêt entière de Skyshroud périt avec elle. Un seul arbre survécut — le dernier vestige de tout ce qu’elle avait protégé.

Freyalise, Llanowar's Fury
Freyalise, Fureur de Llanowar : l'elfe planeswalker qui avait mis fin à l'Ère Glaciaire sacrifia sa vie et sa forêt pour sceller le rift de Skyshroud

Lord Windgrace : Le Protecteur d’Urborg

Lord Windgrace était une panthère humanoïde d’une noblesse incomparable — un planeswalker plus ancien encore qu’Urza. Il se souvenait d’Urborg comme d’une forêt verdoyante, avant que l’explosion du Sylex ne submerge la région et ne la transforme en marécage maudit. Cette catastrophe lui avait insufflé une haine profonde de tout ce qui touchait à l’artifice.

Le “roi panthère d’Urborg” avait été l’un des Neuf Titans pendant l’Invasion. Quand Urza avait sombré dans la folie et tué Taysir, c’était Windgrace qui avait récupéré le cœur du planeswalker tombé pour le placer aux côtés du sien — un acte symbolique de sa noblesse.

Le rift au-dessus d’Urborg était l’un des plus dangereux, menaçant de libérer des Phyrexians d’une réalité alternative et de réveiller les corruptions encore enfouies dans le sol. Windgrace n’hésita pas. Avec une dignité qui forçait le respect, il donna sa vie au rift.

Mais avant de disparaître, Windgrace lança un dernier sort : il fusionna son esprit avec Urborg elle-même, devenant un gardien éternel de cette terre qu’il avait protégée si longtemps.

À gauche, Lord Windgrace dans toute sa majesté, le roi panthère d’Urborg. Au centre, Urborg, Tombeau de Yawgmoth — le marais où les restes de Phyrexia continuaient de corrompre la terre. À droite, le Jugement de Windgrace, représentant le pouvoir destructeur qu’il était capable de déchaîner contre les ennemis de son domaine.

Le Duel des Dragons

Tous les Oldwalkers n’étaient pas prêts à se sacrifier. Nicol Bolas, le plus ancien et le plus puissant des dragons planeswalkers, refusa catégoriquement de contribuer à la fermeture des rifts.

Le dragon vit dans cette crise une opportunité. Le planeswalker Leshrac, le Marcheur de la Nuit, utilisait le Masque de la Portée de la Nuit pour contrôler Jeska et fermer des rifts de force. Leshrac espérait vaincre Bolas et voler son pouvoir pour devenir l’être le plus puissant du Multivers.

Il le défia formellement à un duel sur Madara — là où le rift le plus ancien de tous béait, créé quinze mille ans plus tôt lors d’un combat entre Bolas et un léviathan démoniaque.

Le combat fut épique. Leshrac réussit même à paralyser Bolas entre les Portes Griffues et à neutraliser temporairement ses pouvoirs de transplanement. Pendant un instant, la victoire semblait possible.

Mais Bolas avait un atout caché : il avait déjà vaincu la Myojin de la Portée de la Nuit et possédait son masque original — supérieur à celui de Leshrac. Le dragon empala son adversaire avec les restes squelettiques de sa queue, puis utilisa le masque pour capturer son essence.

Et voilà comment Bolas ferma le rift de Madara — non pas avec sa propre étincelle, mais avec la force vitale de Leshrac. Il élimina un rival tout en résolvant le problème, sans rien sacrifier de lui-même.

Nicol Bolas, Dragon-God
Nicol Bolas, Dieu-Dragon : le dragon ancestral utilisa la mort de Leshrac pour sceller le rift de Madara, refusant tout sacrifice personnel

“Pourquoi sauverais-je un monde que je peux dominer ?” — Nicol Bolas

La Perte de Zhalfir

Le rift de Zhalfir fut fermé de force par Jeska, sous l’influence mentale de Leshrac. Elle utilisa Radha comme conduit pour canaliser la mana nécessaire. Le processus fonctionna — le rift se referma.

Mais contrairement à Shiv, qui avait pu reprendre sa place dans la réalité, Zhalfir ne put pas revenir. La patrie de Teferi — la terre où il était né, où vivaient tous ceux qu’il avait voulu protéger — resta phasée hors de l’existence.

Et Teferi, désormais mortel, n’avait plus le pouvoir de la ramener. Le Destructeur de Zhalfir portait maintenant ce titre avec une amertume absolue.

Pour Radha, le prix fut également terrible. Le fait de canaliser tant de mana à travers les rifts avait éteint définitivement son étincelle potentielle. Elle ne pourrait jamais s’élever comme planeswalker. Mais l’expérience l’avait transformée — son tempérament impétueux et cruel s’était adouci, devenant plus rationnel et attentionné.

À gauche, Jeska, Trois Fois Réincarnée — celle qui avait été Phage, puis Karona, puis planeswalker (comme nous l’avons vu dans l’épisode précédent). Au centre, Radha, Héritière de Keld, la guerrière mi-elfe dont l’étincelle potentielle fut sacrifiée pour fermer les rifts. À droite, la Volonté de Jeska, montrant la puissance brute qu’elle pouvait canaliser.

Le Sacrifice Final de Jeska

Il restait un dernier rift : celui d’Otaria. Le plus diffus, le plus difficile à fermer — car il avait été créé par la destruction de Karona, et Karona avait été l’incarnation même de la mana.

Jeska avait vécu plusieurs vies. Elle avait été guerrière, monstre, déesse, et maintenant planeswalker. Elle avait causé d’immenses destructions en tant que Phage et Karona. Peut-être était-il temps de réparer. Peut-être était-il temps de trouver la rédemption.

Dans un acte d’une bravoure absolue, Jeska ne se contenta pas de donner son étincelle au rift d’Otaria. Elle répandit toute son essence de planeswalker sur le rift — et au-delà, sur tous les rifts et fissures du Multivers.

Son étincelle. Sa mémoire. Son âme. Tout ce qu’elle était, tout ce qu’elle avait été, se déversa dans les blessures cosmiques.

Et quelque chose d’extraordinaire se produisit.

Le sacrifice de Jeska déclencha une réaction en chaîne à travers tout le Multivers. Les rifts restants se refermèrent d’un coup. La mana cessa de fuir. Dominaria respira à nouveau.

Dans ses derniers instants, Jeska eut une vision : elle revit son frère Kamahl, mort depuis longtemps, qui l’accueillit. Puis elle accepta l’oubli.

Ce phénomène cosmique prit le nom du Mending — la Grande Réparation.

Timecrafting
Manipulation Temporelle : le sacrifice de Jeska déclencha le Mending, restructurant les lois mêmes de la magie
Le sacrifice ultime : les planeswalkers donnent leur étincelle pour sceller les rifts temporels, changeant à jamais la nature de la magie.
Le sacrifice ultime : les planeswalkers donnent leur étincelle pour sceller les rifts temporels, changeant à jamais la nature de la magie.Art: Wizards of the Coast

Le Mending : La Fin des Dieux

Le Mending ne fut pas simplement une guérison. Ce fut une transformation fondamentale de la nature même de la magie et des planeswalkers. Les lois du Multivers furent réécrites.

L’Affaiblissement des Oldwalkers

Avant le Mending, les planeswalkers étaient des êtres quasi-divins. Immortels. Capables de créer des mondes. De manipuler la réalité à leur guise. Urza avait vécu des millénaires. Nicol Bolas des dizaines de millénaires. Ils pouvaient changer de forme, créer des plans artificiels, voyager dans le temps. Ils étaient des dieux.

Après le Mending, tout changea. Les planeswalkers qui conservèrent leur étincelle — comme Nicol Bolas et Liliana Vess — se retrouvèrent dramatiquement affaiblis. Bolas lui-même admit avoir “perdu une portion significative de ses pouvoirs”. Ils restaient capables de voyager entre les plans, mais leur immortalité s’était évaporée. Leurs pouvoirs avaient maintenant des limites. Ils pouvaient être blessés. Tués. Ils étaient devenus mortels.

Pour comprendre l’ampleur de ce changement, il faut mesurer ce que les Oldwalkers pouvaient accomplir. Urza avait vécu plus de quatre mille ans. Il avait créé des armes capables de détruire des plans entiers. Il pouvait remonter le temps, modifier la réalité, façonner des êtres vivants à partir du néant. Nicol Bolas avait dominé un empire qui s’étendait sur plusieurs mondes pendant des millénaires. Ces êtres étaient des dieux, avec tout ce que cela impliquait — et soudain, ils ne l’étaient plus.

À gauche, le Mage de la Lune, représentant les mages mortels qui prirent de l’importance après l’affaiblissement des planeswalkers. Au centre, un Avemain Gardien des Rifts, l’un des êtres qui veillaient sur les cicatrices laissées par les rifts. À droite, Poussière des Instants, symbolisant l’éphémérité nouvelle des êtres autrefois éternels.

Une Nouvelle Génération

Le Mending ne mit pas fin aux planeswalkers — il les transforma. Les nouvelles étincelles qui s’éveillèrent après le Mending créèrent un type différent de planeswalker. Ces “newwalkers” étaient mortels dès le départ. Leurs pouvoirs, bien que significatifs, ne faisaient pas d’eux des dieux.

C’était peut-être mieux ainsi. Les Oldwalkers, avec leur pouvoir illimité, avaient causé autant de destruction que de bien. Urza avait déclenché l’Ère Glaciaire. Teferi avait phasé des nations. Bolas avait détruit un tiers d’un continent. Les nouvelles générations seraient moins… dangereuses.

Parmi les premiers newwalkers à émerger :

  • Jace Beleren — Un télépathe au passé mystérieux, torturé par des souvenirs effacés
  • Chandra Nalaar — Une pyromancienne rebelle de Kaladesh, incapable de contrôler sa passion ardente
  • Liliana Vess — Une nécromancienne ayant passé des pactes avec des démons pour échapper à la mort
  • Garruk Wildspeaker — Un chasseur massif lié aux bêtes sauvages
  • Nissa Revane — Une elfe de Zendikar, connectée à la terre et aux leylines de mana

Et Venser, l’artificier d’Urborg, devint le premier planeswalker confirmé de la nouvelle ère — un symbole d’espoir pour un Multivers transformé.

Venser, the Sojourner
Venser, le Voyageur : le premier planeswalker de l'ère post-Mending, incarnant l'espoir d'une nouvelle génération

Bilan : Ce Qui Fut Gagné et Perdu

La Spirale Temporelle et le Mending marquèrent la fin définitive de l’Ère des Rifts.

Ce Qui Fut Perdu

  • Zhalfir — Phasée hors de la réalité, la patrie de Teferi resta inaccessible pendant des siècles
  • Les Oldwalkers — Freyalise, Lord Windgrace, Jeska, Leshrac donnèrent leur existence
  • Skyshroud — La forêt entière périt avec Freyalise, sauf un unique arbre
  • L’étincelle de Radha — La guerrière keldonne perdit tout potentiel de transplanement
  • La quasi-divinité — Les planeswalkers survivants perdirent leur immortalité et leurs pouvoirs illimités

Ce Qui Fut Gagné

  • La survie du Multivers — Sans le Mending, tous les plans auraient été drainés de leur mana
  • Le retour de Shiv — Le continent des dragons reprit sa place sur Dominaria
  • L’équilibre — Les planeswalkers mortels causent moins de dégâts que les dieux immortels
  • L’espoir — Une nouvelle génération de héros émergea, plus connectée aux mondes qu’elle protégeait
  • L’humilité — Les planeswalkers apprirent qu’ils n’étaient pas invincibles, ce qui les poussa à former des alliances plutôt qu’à agir seuls

Pour Dominaria en particulier, le Mending marqua le début d’une lente renaissance. La mana qui s’échappait des rifts cessa de fuir. Les forêts commencèrent à repousser. Les royaumes humains se reconstruisirent. Le plan qui avait été au centre de tant de catastrophes cosmiques — la guerre des Frères, l’Ère Glaciaire, l’Invasion Phyrexiane, les rifts temporels — pouvait enfin connaître une paix relative.

À gauche, Karn, Rejeton d’Urza — bien que son étincelle ait été sacrifiée à Tolaria, il la retrouverait plus tard sur Mirrodin. Au centre, Teferi, Effileur de Temps — Teferi retrouverait éventuellement son étincelle des années plus tard. À droite, La Réparation de Dominaria représente la guérison progressive du plan après des siècles de chaos.

Les Ombres du Futur

Mais le Mending apporta aussi de nouvelles menaces.

Nicol Bolas, furieux d’avoir été affaibli, commença à ourdir un plan sur des siècles pour retrouver sa puissance perdue. Le dragon était patient — il avait vécu des dizaines de millénaires. Il pouvait attendre. Ses machinations le mèneraient à manipuler des plans entiers, à déclencher des guerres, et finalement à orchestrer l’invasion de Ravnica.

Sur Zendikar, les barrières affaiblies par le Mending commencèrent à frémir. Les Eldrazi — des titans du néant emprisonnés depuis des millénaires — s’agitaient dans leur sommeil. Leurs chaînes s’affaiblissaient.

Et dans les profondeurs de Mirrodin, l’huile luisante que Karn avait involontairement apportée corrompait lentement le monde métallique. Les Phyrexians allaient renaître — non pas comme les serviteurs de Yawgmoth, mais comme une nouvelle menace, plus insidieuse encore. Cette Nouvelle Phyrexia ne partagerait pas l’obsession de son prédécesseur pour la chair ; elle embrasserait le métal, la perfection mécanique, et surtout — une capacité nouvelle à traverser les plans eux-mêmes.

Le Multivers était sauvé, mais de nouvelles tempêtes s’annonçaient. Le Mending avait résolu la crise immédiate des rifts, mais il avait aussi créé un vide de pouvoir. Les Oldwalkers qui maintenaient un équilibre — parfois brutal, mais un équilibre tout de même — avaient disparu ou s’étaient affaiblis. Dans ce nouveau Multivers, les menaces anciennes pouvaient ressurgir, et les protecteurs traditionnels n’avaient plus les moyens de les contenir seuls.

C’est dans ce contexte que les newwalkers allaient devoir apprendre à se battre — ensemble, car aucun d’entre eux ne possédait la puissance d’un Urza ou d’un Bolas. L’ère des dieux solitaires était révolue. L’ère des héros mortels commençait.

Épisode 8 : L’Aube d’une Nouvelle Ère

Le Mending a tout changé. Découvrez les premiers pas des “newwalkers” — Jace, Chandra, Liliana — dans un Multivers transformé. Sur Zendikar, les sceaux des Eldrazi commencent à se fissurer. Sur Mirrodin, l’huile luisante prépare le retour de Phyrexia. Et Nicol Bolas tisse sa toile à travers les plans…


Sources et Références

Cet épisode est basé sur :

  • Time Spiral, Planar Chaos, Future Sight — Cycle de romans de Scott McGough et Timothy Sanders (2006-2007)
  • Extensions Time Spiral, Planar Chaos, Future Sight (2006-2007)
  • Extension Time Spiral Remastered (2021)
  • MTG Wiki — Articles sur les rifts temporels, le Mending, et les planeswalkers concernés

Retour détaillé sur le tournoi Avant-Première « Tarkir

Le ciel au-dessus de Dominaria saignait. Là où autrefois brillaient des étoiles,.

Plongez dans l’Univers Enchanteur de Bloomburrow lors du

Le ciel au-dessus de Dominaria saignait. Là où autrefois brillaient des étoiles,.

Résultats de l’évènement du draft Aetherdrift à Gaming

Le ciel au-dessus de Dominaria saignait. Là où autrefois brillaient des étoiles,.

Retour en haut
Article 0,00 
Chargement en cours...