- L’Overlay : Quand Deux Mondes Fusionnent
- La Coordination Parfaite
- La Chute de Benalia
- La Générale Tsabo Tavoc
- Le Weatherlight dans la Tourmente
- La Formation de la Coalition
- Les Nations Unies
- Les Batailles de Dominaria
- La Défense de Llanowar
- Le Siège d’Urborg
- La Bataille de Shiv
- Le Sacrifice de Barrin
- L’Oblitération
- Les Neuf Titans
- Les Titan Engines
- La Trahison Prévue
- L’Invasion de Phyrexia
- Les Neuf Sphères
- L’Échec Partiel
- La Préparation de l’Apocalypse
- Bilan : Les Prémices de l’Apocalypse
- Dans le prochain épisode…
- Sources
Le ciel de Benalia s’obscurcit soudain. Ce n’étaient pas des nuages, mais quelque chose de bien plus sinistre : des pans entiers d’un autre monde se matérialisaient dans l’atmosphère. Des forteresses noires, des machines de guerre grotesques, des armées de créatures mi-chair mi-métal. Après des millénaires de préparation dans les neuf sphères de leur enfer artificiel, les Phyrexians venaient réclamer Dominaria.
Bienvenue dans l’épisode 4 de notre exploration du lore de Magic: The Gathering. Après avoir suivi la saga d’Urza et les aventures de l’équipage du Weatherlight, nous arrivons au moment culminant de l’Ère Ancienne : l’Invasion Phyrexiane, l’une des guerres les plus dévastatrices que le Multivers ait jamais connue.

L’Overlay : Quand Deux Mondes Fusionnent
Pour comprendre l’ampleur de l’invasion, il faut d’abord saisir son mécanisme. Yawgmoth n’a pas simplement ouvert des portails pour envoyer ses troupes — il a fait quelque chose de bien plus radical et terrifiant : il a fusionné deux plans d’existence.
Rath, ce plan artificiel créé par Phyrexia comme tête de pont, avait accumulé de la matière pendant des siècles. Des continents entiers, des forêts, des créatures — tout avait été préparé pour ce moment unique. Lors de l’Overlay (la “superposition”), Rath s’est littéralement fondu avec Dominaria, déversant instantanément des millions de Phyrexians sur le monde natal de la magie.

Imaginez un instant : vous vous tenez dans un champ paisible, et soudain, une forteresse monstrueuse se matérialise devant vous, ses murs suintant d’huile noire, ses portes vomissant des hordes de monstruosités mécaniques. C’est ce que les habitants de Dominaria ont vécu ce jour-là, simultanément, sur l’ensemble du plan.
Le processus de l’Overlay n’était pas seulement physique — il était également magique. Les lignes de ley de Dominaria furent perturbées, certaines sources de mana corrompues par l’huile phyrexiane. Des lieux sacrés furent profanés en quelques secondes. La terre elle-même semblait hurler sous cette violation cosmique.
La Coordination Parfaite
L’invasion n’était pas chaotique — elle était d’une précision chirurgicale. Les portails se sont ouverts simultanément sur tous les continents majeurs de Dominaria :
- Benalia : La nation chevaleresque, symbole de l’ordre et de la lumière
- Llanowar : Les forêts ancestrales des elfes
- Urborg : Les marécages maudits, déjà proches de l’obscurité
- Shiv : Les montagnes volcaniques des dragons et des viashinos
- Keld : Les terres des guerriers barbares
- Yavimaya : La forêt consciente et ses protecteurs
Chaque point d’invasion avait été choisi avec soin pour maximiser le chaos et empêcher toute coordination défensive. Yawgmoth avait étudié Dominaria pendant des millénaires — il connaissait chaque faiblesse, chaque rivalité entre nations qu’il pourrait exploiter. Les communications magiques furent brouillées dès les premières heures, isolant chaque région dans son propre cauchemar.
La Chute de Benalia
La première grande tragédie de l’invasion fut la chute de Benalia. Cette nation incarnait tout ce que Phyrexia détestait : l’honneur, la foi, la résistance à la corruption. Les chevaliers benalians étaient réputés dans tout Dominaria pour leur bravoure et leur dévotion à la justice.
À gauche, le Héros benalian représente la tradition guerrière de cette nation — des combattants prêts à donner leur vie pour leurs idéaux. Au centre, le Chevalier benalian incarne l’élite de leur armée, ces cavaliers en armure qui ont tenu pendant des heures face à des forces écrasantes. À droite, le Commandeur benalian montre le leadership qui a tenté, en vain, de coordonner une défense impossible.
Mais même le courage le plus pur ne peut rien contre des vagues infinies d’horreurs mécaniques. Les Phyrexians ne connaissaient ni la fatigue, ni la peur, ni la pitié. Pour chaque machine détruite, dix autres prenaient sa place. Les murailles de Benalia, qui avaient résisté à des siècles de guerres, s’effondrèrent en quelques jours.
Les récits des survivants parlent de scènes apocalyptiques : des cathédrales millénaires réduites en cendres, des bibliothèques contenant des siècles de savoir dévorées par les flammes, des familles séparées dans la panique des évacuations. La fière Benalia, symbole de civilisation, était devenue un charnier.
La Générale Tsabo Tavoc
Menant l’assaut sur Benalia, une figure terrifiante émergea : Tsabo Tavoc, la générale phyrexiane. Contrairement à beaucoup de créatures de Phyrexia, Tsabo possédait une intelligence tactique redoutable et une cruauté calculée.

Tsabo Tavoc était une créature cauchemardesque : un corps d’araignée géante fusionné avec des implants mécaniques, surmontée d’un torse humanoïde aux multiples bras lames. Elle ne se contentait pas de tuer — elle collectionnait. Les corps de ses victimes les plus notables étaient exposés comme des trophées, une technique psychologique visant à briser le moral des défenseurs.
Sa capacité la plus redoutée était de cibler spécifiquement les légendes — les héros, les commandants, ceux qui inspiraient la résistance. Sous son commandement, les forces phyrexianes ne frappaient pas au hasard : elles décapitaient méthodiquement le leadership ennemi. Les capitaines benalians apprirent vite qu’afficher leur rang revenait à peindre une cible sur leur dos.
On raconte que Tsabo gardait un registre détaillé de chaque légende tuée, classant ses victimes par importance et par méthode d’exécution. Pour elle, la guerre n’était pas seulement une conquête — c’était un art macabre.
Le Weatherlight dans la Tourmente
Pendant que Benalia tombait, l’équipage du Weatherlight se retrouva au cœur de l’action. Gerrard Capashen, l’élu de l’Héritage, n’était plus le héros réticent des premiers jours — l’invasion l’avait transformé en commandant de guerre.
Le vaisseau volant, avec ses capacités uniques de translation entre les plans, devint un atout stratégique majeur pour la Coalition. Capable d’apparaître n’importe où en quelques instants, le Weatherlight servait tantôt de transporteur d’urgence, tantôt de navire de frappe rapide, tantôt de symbole d’espoir pour les troupes démoralisées.
Mais l’équipage payait un prix terrible. Hanna, la navigatrice brillante et amour de Gerrard, contracta la peste phyrexiane lors d’une mission de sauvetage. Malgré tous les efforts de Orim, la guérisseuse du bord, la maladie progressa inexorablement. Gerrard dut regarder la femme qu’il aimait dépérir jour après jour, impuissant face à une corruption contre laquelle aucune magie ne pouvait rien.
La mort d’Hanna brisa quelque chose en Gerrard. L’homme qui hésitait encore quelques semaines plus tôt à assumer son destin devint une force de destruction implacable contre Phyrexia. Sa rage, canalisée par son épée, fit de lui l’un des combattants les plus redoutés de la Coalition.
La Formation de la Coalition
Face à cette menace existentielle, quelque chose d’extraordinaire se produisit : des nations qui s’étaient combattues pendant des siècles décidèrent de s’unir. Cette alliance improbable prit le nom de Coalition.
L’architecte de cette union n’était autre qu’Urza. Le planeswalker qui avait passé quatre millénaires à préparer ce moment convoqua les dirigeants de Dominaria dans les ruines de Koilos — le site même où lui et son frère Mishra avaient découvert les pierres de pouvoir qui avaient déclenché la Guerre des Frères.

Le discours d’Urza à Koilos est resté dans les mémoires. Pour la première fois, ce stratège froid et calculateur parla avec passion. Devant une assemblée de rois, de généraux, de druides et de mages — beaucoup d’entre eux ses anciens ennemis — il prononça des mots qui changeraient le cours de l’histoire :
“J’ai vu mille mondes brûler. J’ai vu des civilisations entières réduites en cendres par la machine phyrexiane. J’ai vu des peuples entiers transformés en esclaves de métal et de chair corrompue. Dominaria ne tombera pas. Pas tant qu’il restera un seul d’entre nous pour se dresser contre l’obscurité. Nos différences, nos querelles, nos vieilles rancœurs — tout cela n’a plus d’importance. Aujourd’hui, nous sommes tous dominariens. Aujourd’hui, nous combattons ensemble, ou nous mourons séparés.”
Les Nations Unies
La Coalition rassemblait des forces diverses, chacune apportant ses forces uniques :
À gauche, Eladamri, Seigneur des Feuilles, leader des elfes de Rath qui s’étaient réfugiés sur Dominaria. Lui-même victime de l’oppression phyrexiane pendant des années sur Rath, il avait juré de ne plus jamais fuir. Son expérience du combat contre les Phyrexians en faisait un conseiller tactique inestimable. Au centre, Lin Sivvi, Héroïne Rebelle, commandante de la résistance humaine, une tacticienne brillante qui excellait dans la guérilla et les opérations de sabotage. À droite, Tahngarth, le minotaure premier officier du Weatherlight, dont la fierté brisée par Volrath s’était transformée en une rage vengeresse contre tout ce qui portait la marque de Phyrexia.
Mais l’unité n’était pas simple. Les elfes de Llanowar méprisaient les humains qui avaient déboisé leurs forêts pendant des générations. Les guerriers de Keld considéraient toute alliance comme une faiblesse indigne de vrais combattants. Les mages de Tolaria se méfiaient des soldats non-magiques qu’ils jugeaient primitifs. Et les nécromanciens d’Urborg étaient regardés avec suspicion par tous les autres.
Urza dut déployer toute sa diplomatie — et parfois sa menace — pour maintenir cette coalition fragile. Plus d’une fois, des disputes éclatèrent lors des conseils de guerre. Plus d’une fois, des généraux menacèrent de retirer leurs troupes. Mais à chaque fois, l’horreur de l’alternative — la victoire de Phyrexia — ramenait les récalcitrants à la table.
Les Batailles de Dominaria
L’invasion se déroula sur de nombreux fronts simultanés. Chaque bataille était un désastre potentiel, chaque défaite risquait de faire s’effondrer l’ensemble de la Coalition.
La Défense de Llanowar
Les forêts de Llanowar, sanctuaire des elfes depuis des millénaires, furent parmi les premières cibles. Les Phyrexians ne venaient pas simplement conquérir — ils venaient transformer. Leur objectif était de convertir les arbres millénaires en biomasse pour leurs machines de guerre.
Les elfes de Llanowar se battirent avec une férocité désespérée. Leur connaissance intime de la forêt leur permit de tendre des embuscades, de harceler les lignes d’approvisionnement phyrexianes, de transformer chaque bosquet en piège mortel. À gauche, les Elfes de Llanowar, ces druides connectés à la terre qui canalisaient le mana de la forêt pour alimenter la résistance. Au centre, la Sentinelle de Llanowar, symbole de la vigilance éternelle des elfes. À droite, le Champion elfique, ralliant ses frères pour des charges suicidaires contre les machines.
Les arbres eux-mêmes semblaient se battre. Les druides éveillaient les esprits sylvains, les tréants qui dormaient depuis des siècles. Ces géants de bois et de mousse écrasaient des colonnes entières de Phyrexians avant de tomber sous le feu ennemi.
Malgré leurs efforts, la forêt brûlait. Des arbres vieux de dix mille ans tombaient sous les haches mécaniques. Mais chaque arbre abattu coûtait aux Phyrexians des centaines de leurs créatures. La forêt de Llanowar n’était pas conquise — elle était contestée pied à pied, arbre par arbre.
Le Siège d’Urborg
Urborg présentait un cas particulier. Ce marécage maudit, terre des nécromanciens et des morts-vivants, semblait presque naturellement aligné avec Phyrexia. Beaucoup pensaient qu’Urborg tomberait sans combattre, ou pire, qu’elle rejoindrait l’envahisseur.
Ils se trompaient lourdement.
Les seigneurs liches d’Urborg avaient leur propre vision de la non-mort — une vision incompatible avec la “perfection” phyrexiane. Là où Phyrexia cherchait à fusionner chair et métal dans une uniformité cauchemardesque, Urborg pratiquait une nécromancie plus ancienne, plus subtile, qui préservait l’identité de ses serviteurs. Une guerre idéologique autant que militaire s’engagea dans les marais.

Les morts-vivants d’Urborg se révélèrent d’excellents combattants contre Phyrexia. Ils ne craignaient pas la mort, ne ressentaient pas la douleur, et pouvaient être réanimés encore et encore tant que leurs nécromanciens survivaient. Les magiciens d’Urborg recyclaient les corps phyrexians eux-mêmes, retournant les machines contre leurs créateurs dans une ironie particulièrement amère.
Cette ironie n’échappa pas à Yawgmoth. Voir ses propres créations, qu’il considérait comme l’apex de l’évolution, utilisées contre lui comme de vulgaires zombies le remplit d’une rage froide. Il ordonna l’annihilation totale d’Urborg — non pas sa conversion, mais sa destruction pure et simple. Si ces terres ne pouvaient pas être phyrexianisées, elles seraient réduites en cendres.
La Bataille de Shiv
Les montagnes volcaniques de Shiv abritaient deux populations distinctes : les viashinos (des hommes-lézards guerriers) et les dragons. Ces deux groupes s’étaient traditionnellement ignorés, voire affrontés, mais l’invasion les força à coopérer.
Shiv vit le retour des Dragons Primitifs, des créatures anciennes qui dormaient depuis des siècles dans les profondeurs volcaniques. Éveillés par la perturbation magique de l’invasion, ils émergèrent pour défendre leur terre natale. À gauche, Rith l’Éveilleuse, dont le souffle faisait germer la vie même sur les champs de bataille dévastés. Au centre, Treva la Rénovatrice, capable de restaurer les forces alliées par sa simple présence. À droite, Darigaaz l’Incendiaire, le plus féroce des dragons, dont les flammes pouvaient faire fondre même l’acier phyrexian le plus résistant.
Ces dragons n’étaient pas de simples bêtes — ils étaient des êtres conscients, des stratèges millénaires qui avaient vu des civilisations naître et mourir. Sous leur commandement, les viashinos et les forces de la Coalition coordonnèrent une défense aérienne dévastatrice. Les cieux de Shiv devinrent un enfer pour les vaisseaux phyrexians. Les forges de Shiv, qui avaient autrefois produit des armes légendaires, furent reconverties pour fabriquer des armes spécifiquement conçues contre le métal phyrexian.
Le Sacrifice de Barrin
De toutes les tragédies de l’invasion, aucune n’égale celle de Barrin. L’archimage de Tolaria, ami et confident d’Urza depuis des siècles, avait tout sacrifié pour la guerre contre Phyrexia. Sa vie, son temps, son énergie — tout avait été consacré à cette cause.

Mais Barrin n’avait pas seulement sacrifié son temps. Il avait aussi sacrifié sa famille.
Sa femme, Rayne, avait été tuée par un espion phyrexian infiltré à Tolaria des années auparavant. Un agent dormant que personne n’avait soupçonné, pas même le brillant Barrin. Cette mort l’avait hanté pendant des années, alimentant une culpabilité qui ne le quittait jamais.
Et maintenant, sa fille, Hanna — la navigatrice du Weatherlight, l’amour de Gerrard — succomba à la peste phyrexiane lors de l’invasion. La maladie l’avait consumée lentement, inexorablement, sous les yeux impuissants de son père. Deux pertes qui auraient brisé n’importe quel homme.
L’Oblitération
Quand Barrin apprit la mort de Hanna, quelque chose se brisa définitivement en lui. L’homme qui avait passé sa vie à enseigner la retenue, la précision, le contrôle magique — cet homme décida de tout lâcher.
Tolaria était assiégée. Des milliers de Phyrexians convergeaient vers l’académie, cherchant à s’emparer des secrets temporels qu’elle renfermait. Les expériences d’Urza sur le temps, les connaissances accumulées pendant des siècles — si ces secrets tombaient entre les mains de l’ennemi, Phyrexia pourrait manipuler le temps lui-même.
Barrin savait que tout serait perdu. Il prit une décision.

Barrin canalisa toute sa puissance, tout son désespoir, toute sa rage dans un seul sort. Pas une boule de feu. Pas un éclair. Une Oblitération — l’annihilation totale de tout ce qui existait dans la zone. L’île de Tolaria, l’académie, les Phyrexians, les secrets… et Barrin lui-même.
Quand la lumière s’estompa, il ne restait rien. Pas de ruines. Pas de corps. Pas même de cendres. Juste un cratère fumant dans l’océan, là où s’était tenue la plus grande institution magique de Dominaria. Des milliers de Phyrexians avaient été annihilés en un instant.
Urza, qui observait à distance grâce à ses sens de planeswalker, resta silencieux un long moment. Puis il murmura :
“Adieu, mon vieil ami. Tu as fait ce que je n’ai jamais pu faire : choisir l’amour plutôt que la victoire.”

Les Neuf Titans
Malgré les sacrifices, malgré les batailles gagnées, la Coalition ne faisait que retarder l’inévitable. Les Phyrexians étaient trop nombreux, trop résilients. Tant que Phyrexia elle-même existait, de nouvelles vagues déferleraient sans fin.
Urza le savait depuis le début. L’invasion de Dominaria n’était qu’une partie de son plan. La vraie bataille devait se livrer ailleurs — dans le cœur même de Phyrexia.
Les Titan Engines
Pendant des siècles, Urza avait secrètement construit des armes ultimes : les Titan Engines, des armures de combat géantes alimentées par des pierres de pouvoir. Ces machines de plusieurs mètres de haut étaient conçues pour un seul objectif : transporter des planeswalkers au cœur de Phyrexia et leur permettre de survivre assez longtemps pour la détruire.
Mais une Titan Engine seule ne suffisait pas. Urza avait besoin de pilotes — des planeswalkers assez puissants et assez fous pour l’accompagner dans cette mission suicide. Il rassembla les Neuf Titans :
- Urza — Le leader, l’architecte de la mission, celui qui avait tout planifié
- Bo Levar — Un contrebandier devenu planeswalker, pragmatique et rusé
- Commodore Guff — Un excentrique qui lisait le destin dans des livres venus d’autres réalités
- Daria — Une guerrière de Shiv, féroce et loyale
- Freyalise — L’elfe planeswalker qui avait mis fin à l’Ère Glaciaire sur Dominaria
- Kristina des Bois — Une druidesse puissante, connectée aux forces de la nature
- Lord Windgrace — Un homme-panthère protecteur d’Urborg, noble et sage
- Taysir — Le plus puissant de tous, né de la fusion de cinq versions de lui-même venant de différents mondes
- Tevesh Szat — Le traître
La Trahison Prévue
Urza savait que Tevesh Szat était un traître. Ce planeswalker sombre avait une longue histoire de manipulation, de meurtre et de trahison. Alors pourquoi l’avoir inclus dans la mission la plus importante de tous les temps ?
Parce qu’Urza avait besoin de son pouvoir. Et parce qu’Urza avait tout calculé.
Le plan d’Urza était froidement calculé : laisser Tevesh Szat révéler sa vraie nature pendant la mission, puis l’éliminer et absorber son étincelle de planeswalker. Cette énergie supplémentaire — l’essence même d’un planeswalker ancien — serait nécessaire pour alimenter la phase finale de la mission.

Quand Tevesh Szat poignarda effectivement ses compagnons dans le dos, tuant Daria et Kristina dans leur sommeil, Urza était prêt. Il confronta le traître et, dans un duel brutal au cœur même de Phyrexia, absorba son essence. Deux planeswalkers — des alliés — étaient morts, mais la mission avait maintenant les ressources nécessaires pour continuer.
Cette froide logique résume parfaitement Urza. Pour lui, tout était un calcul. Même la vie de ses alliés n’était qu’une variable dans l’équation de la victoire. Cette révélation choqua profondément les autres Titans, qui comprirent qu’ils n’étaient que des pions sur l’échiquier d’Urza.
L’Invasion de Phyrexia
Les Titans survivants pénétrèrent dans les neuf sphères de Phyrexia. Ce qu’ils y découvrirent dépassait leurs pires cauchemars.
Les Neuf Sphères
Phyrexia n’était pas un monde — c’était une machine à l’échelle d’un plan. Neuf sphères concentriques, chacune dédiée à une fonction spécifique dans la grande œuvre de Yawgmoth :
- La Surface — Terres désolées, forges de guerre, où les armées étaient assemblées
- La Mer d’Huile — Océans de liquide noir corrupteur, le sang de Phyrexia
- Les Domaines des Prêtres — Hiérarchie religieuse phyrexiane, temples dédiés au Père des Machines
- La Quatrième Sphère — Camps de “recyclage” des corps, où la matière était transformée
- La Cinquième Sphère — Laboratoires de transformation, où les créatures étaient “améliorées”
- La Sixième Sphère — Arsenaux et armureries, stockant des armes sans nombre
- La Septième Sphère — Le Vat, nurseries des nouveaux Phyrexians, où la vie artificielle était créée
- La Huitième Sphère — Domaine de l’élite, où résidaient les généraux et les prêtres supérieurs
- Le Noyau — Demeure de Yawgmoth lui-même, le cœur battant de tout le plan
Les Titans devaient traverser chaque sphère, affrontant des horreurs croissantes, pour atteindre le Noyau et détruire Yawgmoth à sa source.

Ces trois cartes illustrent l’essence de Phyrexia. À gauche, l’Arène phyrexiane — un lieu où le pouvoir s’achète au prix du sang, où chaque avantage exige un sacrifice. Au centre, l’Autel phyrexian — la religion de Phyrexia incarnée, où les sacrifices alimentent la machine divine. À droite, le Processeur phyrexian — les machines qui transforment la vie en non-vie, la chair en métal, l’individu en composant.
L’Échec Partiel
La mission des Titans fut un échec partiel. Ils infligèrent des dégâts considérables aux sphères supérieures, détruisant des forges cruciales et libérant des prisonniers. Mais ils ne parvinrent pas à atteindre le Noyau.
Yawgmoth était trop puissant. Après des millénaires de fusion avec son plan artificiel, le Père des Machines n’était plus vraiment une créature — il était devenu Phyrexia elle-même. Ses pensées couraient dans chaque câble, son essence imprégnait chaque goutte d’huile. Pour le tuer, il faudrait détruire tout le plan.
Et c’était impossible… sauf si Yawgmoth quittait Phyrexia pour venir lui-même sur Dominaria.
Ce qui était exactement son intention depuis le début.
La Préparation de l’Apocalypse
Yawgmoth avait prévu cet affrontement final depuis le début. L’invasion n’était qu’un prélude — une façon d’affaiblir Dominaria, de tuer ses défenseurs, de corrompre ses sources de mana, avant sa venue personnelle.
Le Père des Machines commença à préparer sa traversée. Une opération d’une complexité inouïe, car il ne pouvait pas simplement “marcher” vers Dominaria comme un planeswalker. Non, Yawgmoth devait se manifester d’une autre façon : comme une force de mort pure, un nuage de destruction capable de consumer tout ce qu’il touchait.

Pendant que les Titans battaient en retraite de Phyrexia, blessés et diminués, Yawgmoth rassemblait sa puissance. Sur Dominaria, la Coalition sentait venir la fin. Les oracles elfes prophétisaient une “grande obscurité”. Les nécromanciens d’Urborg percevaient une perturbation dans le flux de la mort elle-même. Les dragons de Shiv grondaient, sentant une menace qu’ils ne pouvaient nommer.
Urza, lui, savait exactement ce qui allait arriver. Et pour la première fois de sa longue existence de quatre mille ans, il n’était pas sûr que son plan suffirait.
Bilan : Les Prémices de l’Apocalypse
L’invasion phyrexiane avait changé Dominaria à jamais. Des nations entières avaient été dévastées. Des millions de vies avaient été perdues. Des héros légendaires avaient fait le sacrifice ultime.
À gauche, la Victoire de la Coalition représente l’espoir — la preuve que même face à l’impossible, l’union peut triompher. Au centre, l’Oblitération de Barrin nous rappelle le coût de cette guerre — les sacrifices personnels qui ne seront jamais oubliés. À droite, la Rage d’Urza incarne la détermination implacable du planeswalker — une colère qui brûlait depuis quatre mille ans et qui était sur le point d’atteindre son apogée.
Voici ce que l’Invasion a établi :
- La Coalition — La première vraie alliance de tous les peuples de Dominaria, une unité forgée dans le feu de la guerre, prouvant que les divisions ancestrales pouvaient être surmontées
- Le sacrifice — Barrin, Daria, Kristina, Hanna, et tant d’autres ont donné leur vie pour que d’autres puissent survivre
- La menace finale — Yawgmoth lui-même se prépare à manifester sur Dominaria, une perspective terrifiante que même les plus optimistes n’osent pas contempler
- L’Héritage — Toutes les pièces assemblées par Urza pendant des millénaires sont maintenant entre les mains de Gerrard et du Weatherlight
- Le choix d’Urza — Le planeswalker doit maintenant décider jusqu’où il est prêt à aller pour vaincre — et ce choix définira le destin de tout le Multivers
Dans le prochain épisode…
Épisode 5 : L’Apocalypse
Yawgmoth traverse vers Dominaria sous forme de nuage de mort, consumant tout ce qu’il touche. Urza fait face à une tentation inattendue — rejoindre son ennemi plutôt que de le combattre. Gerrard doit faire un choix impossible qui déterminera le sort de Dominaria. Et l’Héritage d’Urza accomplit enfin sa destinée dans un sacrifice qui mettra fin à quatre mille ans de conflit. La conclusion de la Saga Urza, le moment le plus épique de l’histoire de Magic: The Gathering.
Sources
- Invasion (J. Robert King, 2000) — Roman principal de l’invasion, couvrant l’Overlay et les premières batailles
- Planeshift (J. Robert King, 2001) — Suite directe, détaillant la mission des Neuf Titans
- Extension Invasion (2000) — Première extension du bloc, introduisant les mécaniques de coalition
- Extension Planeshift (2001) — Deuxième extension, explorant Phyrexia et ses horreurs
- MTG Wiki — Articles sur la Phyrexian Invasion, Barrin, les Nine Titans
























