Épisode 8 : L’Apocalypse

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Épisode 8Ère Ancienne (1993-2003)📖 21 min de lecture
Ép. 7Épisode 7 : L'Invasion Phyrexiane
Ép. 9Épisode 9 : Les Ténèbres (The Dark)

Le ciel au-dessus d’Urborg devint noir. Pas le noir de la nuit, ni celui des nuages d’orage. Un noir absolu, vivant, qui dévorait la lumière elle-même. Un nuage de mort descendait lentement vers Dominaria, et tout ce qu’il touchait — arbres, pierres, créatures — cessait simplement d’exister. Après des millénaires à régner sur son enfer artificiel, Yawgmoth, le Père des Machines, venait en personne réclamer son dû.

Bienvenue dans l’épisode 5 de notre exploration du lore de Magic: The Gathering. Après l’invasion phyrexiane qui a ravagé Dominaria, nous arrivons à la conclusion de la Saga Urza : l’Apocalypse. Le moment le plus épique, le plus tragique et le plus déterminant de toute l’histoire de Magic.

La menace phyrexiane : des machines de guerre corrompues déferlent sur les plans, présageant l'apocalypse à venir. Quatre mille ans de conflit allaient se conclure dans le sang et le sacrifice.
La menace phyrexiane : des machines de guerre corrompues déferlent sur les plans, présageant l'apocalypse à venir. Quatre mille ans de conflit allaient se conclure dans le sang et le sacrifice.Art: Wizards of the Coast

Le Retour des Titans

La mission des Neuf Titans dans Phyrexia avait été un échec partiel. Ils avaient infligé des dégâts considérables aux sphères supérieures, détruit des forges cruciales, mais n’avaient jamais atteint le Noyau. Et maintenant, les survivants revenaient sur Dominaria — brisés, diminués, porteurs de nouvelles terrifiantes.

Seuls cinq Titans avaient survécu à l’enfer de Phyrexia. Daria et Kristina avaient été tuées par le traître Tevesh Szat. Taysir, le plus puissant d’entre eux, était tombé face aux horreurs des sphères profondes. Et Urza…

Urza's Guilt
La Culpabilité d'Urza : des millénaires de décisions terribles pesaient sur l'âme du planeswalker

Urza était revenu. Mais pas entier.

La Tête Parlante

Pendant la mission dans Phyrexia, quelque chose d’impensable s’était produit. Crovax, l’ancien membre de l’équipage du Weatherlight devenu Ascendant Evincar de Rath, avait affronté Urza dans les profondeurs de Phyrexia. Et il avait réussi l’impossible : il avait décapité le planeswalker.

Mais Urza n’était pas mort.

En tant qu’Oldwalker — un planeswalker de l’ancienne génération dont le pouvoir approchait celui des dieux — Urza pouvait survivre à des blessures qui auraient tué n’importe quel être mortel. Sa tête, séparée de son corps, continuait de vivre. Ses yeux — la Mightstone et la Weakstone, les pierres de pouvoir qu’il avait volées à son frère Mishra des millénaires auparavant — brillaient toujours de leur lueur caractéristique.

Les Titans survivants transportaient cette tête parlante comme un trophée macabre, un général qui donnait encore des ordres depuis un panier de transport. L’image était absurde et terrifiante à la fois — le plus grand stratège du Multivers réduit à une tête bavarde.

Mais ce n’était pas le plus inquiétant. Ce qui terrifiait vraiment les Titans, c’était ce qu’Urza avait vu dans les profondeurs de Phyrexia. Ce qu’il avait compris sur Yawgmoth. Et la tentation qu’il avait ressentie.

La Venue de Yawgmoth

Yawgmoth avait attendu ce moment pendant des millénaires. L’invasion de Dominaria n’avait jamais été une fin en soi — c’était une préparation. Affaiblir les défenseurs. Corrompre les sources de mana. Créer le chaos nécessaire pour sa venue personnelle.

Car Yawgmoth ne pouvait pas simplement “marcher” vers Dominaria comme un planeswalker ordinaire. Après des éons de fusion avec le plan de Phyrexia, il n’était plus vraiment une créature. Il était devenu Phyrexia elle-même — une conscience distribuée dans chaque câble, chaque goutte d’huile, chaque machine de son royaume artificiel.

Pour venir sur Dominaria, Yawgmoth devait se manifester sous une forme différente : la Death Cloud, un nuage de mort noire constitué de milliards de particules phyrexianes, chacune portant une fraction de sa conscience divine.

Death Cloud
Le Nuage de Mort : Yawgmoth lui-même, manifesté comme une force de destruction pure qui consumait tout sur son passage

L’Obscurité Descendante

Le nuage apparut d’abord au-dessus d’Urborg — ces marécages maudits qui avaient osé résister à Phyrexia avec leur propre forme de non-mort. Yawgmoth avait une mémoire longue et une rancune éternelle.

La Death Cloud descendit lentement, majestueusement. Et tout ce qu’elle touchait mourait.

Pas une mort ordinaire. Pas une mort qu’on pouvait combattre ou retarder. Une annihilation instantanée et totale. Les arbres se désintégraient en poussière noire. Les créatures s’effondraient, leur chair se liquéfiant avant même qu’elles ne touchent le sol. Même les morts-vivants d’Urborg — ces zombies et spectres qui avaient défié Phyrexia — cessaient d’exister au contact du nuage.

À gauche, la Déroute représente l’ampleur de la catastrophe — une destruction soudaine et inéluctable. Au centre, Vindication montre la nature implacable de cette destruction — rien n’était épargné, rien n’était négociable. À droite, l’Acte Pernicieux illustre comment la corruption se répandait, détruisant tout ce qui avait de la valeur.

Les rapports affluaient de partout sur Dominaria. Le nuage s’étendait. Il se divisait en plusieurs masses qui convergeaient vers les derniers bastions de résistance. À ce rythme, tout le plan serait consumé en quelques jours.

La Tentation d’Urza

Pendant que Dominaria mourait, quelque chose d’inattendu se produisit dans l’esprit d’Urza. Yawgmoth lui parla.

Pas avec des mots ordinaires. Pas à travers un messager. Directement, de conscience à conscience, comme seuls deux êtres d’une puissance quasi-divine pouvaient communiquer.

Et Yawgmoth fit une offre.

Yawgmoth's Vile Offering
L'Offrande Vile de Yawgmoth : le Père des Machines proposait à Urza de rejoindre sa perfection

L’Offre du Père des Machines

Yawgmoth offrait à Urza ce que le planeswalker avait toujours désiré : la perfection. La fin de la souffrance. L’immortalité vraie, pas cette demi-existence de tête parlante. Un corps nouveau, amélioré, purifié de toutes les faiblesses de la chair.

Plus encore, Yawgmoth offrait la connaissance. Tous les secrets de Phyrexia, tous les mystères de la transformation chair-métal, toutes les réponses aux questions qui avaient hanté Urza pendant quatre millénaires. Comment fonctionnait vraiment la technologie thran ? Comment Yawgmoth avait-il transcendé les limites de la mortalité ? Comment atteindre la vraie perfection ?

Et la chose la plus terrifiante : Urza était tenté.

Vraiment tenté.

Après quatre mille ans de guerre, de sacrifice, de perte, une partie d’Urza était fatiguée. Fatiguée de se battre. Fatiguée de perdre des amis. Fatiguée de faire des choix impossibles. Yawgmoth lui offrait une sortie — pas la mort, mais la transformation. Devenir quelque chose de plus grand que ce qu’il avait jamais été.

“J’aurais pu être un dieu,” murmura Urza, sa tête reposant dans son panier. “Il m’offre tout ce que j’ai toujours voulu. La perfection. L’éternité. La fin de cette guerre interminable.”

Le Doute du Héros

Les autres Titans étaient horrifiés. Lord Windgrace, Bo Levar, Commodore Guff, Freyalise — tous regardaient leur leader vaciller. L’homme qui les avait recrutés, qui avait orchestré cette mission suicide, qui avait sacrifié leurs compagnons pour son plan… cet homme envisageait maintenant de tout abandonner.

Freyalise fut la première à réagir. L’elfe planeswalker qui avait sauvé Dominaria de l’Ère Glaciaire des siècles auparavant saisit la tête d’Urza et le regarda droit dans ses yeux de pierre.

“Tu as détruit des mondes pour cette guerre,” siffla-t-elle. “Tu as sacrifié des innocents, manipulé des nations, créé des monstres. Et maintenant, à l’heure de vérité, tu voudrais que tout ça n’ait servi à rien ?”

Urza ne répondit pas. Ses yeux — la Mightstone et la Weakstone — scintillaient faiblement, comme s’ils hésitaient entre deux lumières.

La confrontation des héros : dans les ténèbres de la guerre, les derniers défenseurs de Dominaria devaient faire face à leurs doutes les plus profonds. Urza, le stratège immortel, vacillait — et le destin du Multivers pendait à un fil.
La confrontation des héros : dans les ténèbres de la guerre, les derniers défenseurs de Dominaria devaient faire face à leurs doutes les plus profonds. Urza, le stratège immortel, vacillait — et le destin du Multivers pendait à un fil.Art: Wizards of the Coast

Le Choix de Gerrard

Pendant que les Titans débattaient du sort d’Urza, le Weatherlight volait vers le cœur de la bataille. À son bord, Gerrard Capashen portait le poids de l’Héritage — et le poids de toutes les pertes.

Hanna était morte. Son amour, sa navigatrice, sa raison de se battre — consumée par la peste phyrexiane. Mirri était morte depuis longtemps, tuée par Crovax. Tant d’autres avaient péri. Et maintenant, le monde entier mourait autour de lui.

À gauche, le Commandement de Gerrard — la détermination du héros, prêt à mener ses troupes une dernière fois. Au centre, le Démantèlement Angoissé représente les choix impossibles qu’il avait dû faire tout au long de cette guerre, chaque décision arrachant un morceau de son âme. À droite, la Dernière Résistance symbolise ce moment — le tout pour le tout, la fin de toutes choses.

Gerrard savait ce que l’Héritage exigeait. Urza le lui avait expliqué des années auparavant, avant même que Gerrard ne comprenne vraiment ce que cela signifiait. L’Héritage n’était pas simplement une collection d’artefacts. C’était une arme vivante, une fusion de magie et de sacrifice.

Et pour fonctionner, elle avait besoin de sacrifices vivants.

La Confrontation

Gerrard fit atterrir le Weatherlight près du camp des Titans. Il marcha jusqu’à Urza — ou plutôt jusqu’à la tête d’Urza — avec une détermination que personne ne lui avait jamais vue.

“Tu hésites,” dit Gerrard. Ce n’était pas une question.

“Tu ne peux pas comprendre,” répondit Urza. “Tu n’as pas vu ce que j’ai vu. La beauté de sa vision. La perfection de son œuvre. Quatre mille ans de guerre, Gerrard. Quatre mille ans. Et pour quoi ?”

“Pour ça.” Gerrard désigna le nuage de mort qui obscurcissait l’horizon. “Pour les empêcher de faire ça à tout le Multivers.”

“Et si je pouvais les rejoindre ? Les changer de l’intérieur ? Diriger leur perfection vers quelque chose de meilleur ?”

Gerrard secoua la tête. “Tu sais que c’est impossible. Tu l’as toujours su. Yawgmoth ne change pas. Il consume. Il corrompt. Il détruit. C’est tout ce qu’il est.”

Yawgmoth's Will
La Volonté de Yawgmoth : implacable, totale, ne laissant aucune place au compromis

Un long silence s’installa. La Death Cloud continuait sa progression inexorable. Des milliers mouraient à chaque instant. Et Urza, le plus grand stratège du Multivers, restait paralysé par l’indécision.

Finalement, Gerrard prit une décision.

“Tu m’as créé pour ça,” dit-il doucement. “Tu as manipulé ma lignée pendant des générations. Tu as fait de moi l’élu de l’Héritage. Tu as sacrifié tout ce que j’aimais pour ce moment.”

Il tira son épée.

“Alors laisse-moi faire ce que tu ne peux pas faire.”

L’Assemblage de l’Héritage

Ce qui suivit restera gravé dans les mémoires de tous ceux qui y assistèrent — les rares qui survécurent pour le raconter.

Gerrard décapita Urza.

Pas dans un combat. Pas dans un moment de rage. Avec le consentement d’Urza, qui ferma ses yeux de pierre au dernier moment et murmura : “Merci.”

La tête du planeswalker — contenant la Mightstone et la Weakstone, les pierres de pouvoir qui avaient déclenché la Guerre des Frères des millénaires auparavant — fut transportée jusqu’au Weatherlight. Jusqu’au cœur du vaisseau, là où battait son moteur thran.

Worldslayer
Le Destructeur de Mondes : l'Héritage n'était pas une simple arme, mais une force capable d'anéantir même un dieu

Les Composants du Sacrifice

Un par un, les composants de l’Héritage furent assemblés :

  • Le Weatherlight lui-même — Le vaisseau qui avait porté les héros à travers les plans
  • La Mightstone et la Weakstone — Les yeux d’Urza, les pierres qui avaient tout commencé
  • Karn — Le golem d’argent, création d’Urza, porteur de l’Héritage depuis sa naissance
  • L’âme d’Urza — Quatre mille ans de pouvoir, de connaissance, de regrets
  • Le sang de Gerrard — Le dernier composant vivant

Gerrard comprit ce que cela signifiait. L’Héritage ne demandait pas simplement son sang — quelques gouttes pour activer un mécanisme. Il demandait sa vie. Son essence. Tout ce qu’il était.

Il pensa à Hanna. À ce qu’elle aurait dit. À ce qu’elle aurait voulu.

Et il fit son choix.

“Pour Dominaria, je donnerai tout. Même moi-même.”

Gerrard plaça ses mains sur le cœur du Weatherlight. Son sang — portant l’essence de générations de manipulation génétique par Urza — se mêla aux pierres de pouvoir, au métal de Karn, à l’âme du planeswalker mort.

Et l’Héritage s’éveilla.

La Destruction de Yawgmoth

Karn sentit le pouvoir affluer en lui. Pas seulement le pouvoir de l’Héritage — quelque chose de plus. L’étincelle de planeswalker d’Urza, libérée par sa mort, cherchait un nouveau porteur. Et elle trouva le golem d’argent.

À gauche, Karn, Héritage Vivant — le golem d’argent portant en lui tout l’héritage d’Urza, devenant bien plus qu’une simple création. Au centre, la Fracture Temporelle de Karn représente le pouvoir immense qu’il venait d’acquérir — capable de déchirer le temps lui-même. À droite, Karn le Grand Créateur, ce qu’il deviendrait plus tard — un être capable de façonner des mondes entiers.

Le golem d’argent se dressa au cœur du Weatherlight, le pouvoir de l’Héritage concentré en lui. Autour de lui, les restes de Gerrard et d’Urza brillaient d’une lumière aveuglante — leur sacrifice transformé en énergie pure.

Karn leva les mains vers le ciel. Vers le nuage de mort. Vers Yawgmoth.

Et il frappa.

Le Rayon de Lumière Blanche

Ce n’était pas un sort. Pas une arme. C’était quelque chose de plus fondamental — l’antithèse de tout ce que Yawgmoth représentait. Là où Phyrexia corrompait, l’Héritage purifiait. Là où Yawgmoth apportait la mort, le sacrifice des héros apportait l’espoir.

Un rayon de lumière blanche — pure, aveuglante, absolue — jaillit de Karn et frappa la Death Cloud.

Yawgmoth hurla.

Pour la première fois en des millénaires, le Père des Machines connut la douleur. La peur. La mortalité. Ce dieu autoproclamé, qui avait consumé des mondes et corrompu des civilisations, se désintégrait sous la lumière de l’Héritage.

Le nuage de mort se déchira. Des pans entiers de la conscience de Yawgmoth s’évaporaient, consumés par la lumière. Il tenta de fuir, de se replier vers Phyrexia, mais le rayon le poursuivit. Le transperça. Le détruisit.

Primevals' Glorious Rebirth
La Glorieuse Renaissance : le moment où la lumière triompha des ténèbres et où le Multivers entier retint son souffle

Quand la lumière s’estompa, il ne restait rien de Yawgmoth. Pas de corps. Pas de conscience. Pas même un écho. Le Père des Machines, le Dieu de Phyrexia, l’ennemi de quatre mille ans… avait cessé d’exister.

New Phyrexia : le monde de métal corrompu que Karn créera sans le savoir. Les graines de l'huile phyrexiane qu'il transportait transformeront son paradis d'Argentum en un nouvel enfer — preuve que la victoire contre Yawgmoth n'était qu'un sursis.
New Phyrexia : le monde de métal corrompu que Karn créera sans le savoir. Les graines de l'huile phyrexiane qu'il transportait transformeront son paradis d'Argentum en un nouvel enfer — preuve que la victoire contre Yawgmoth n'était qu'un sursis.Art: Wizards of the Coast

L’Après

Le silence qui suivit fut assourdissant.

Pendant quelques instants, personne n’osa bouger. Personne n’osa croire que c’était vraiment terminé. Après des mois d’invasion, après des millénaires de menace, après tant de sacrifices… pouvait-il vraiment être mort ?

Il l’était.

Karn flottait au-dessus du Weatherlight, son corps d’argent irradiant encore de la lumière de l’Héritage. Autour de lui, les restes physiques de Gerrard et d’Urza s’étaient dissous — leur essence entièrement consumée par l’arme qu’ils avaient alimentée.

Fodder Cannon
Les armes de guerre reposaient désormais silencieuses : la bataille était terminée, le prix payé en vies innombrables

Sur le pont du Weatherlight, Squee le gobelin regardait le ciel avec des yeux ronds. Le petit être vert, que tout le monde avait considéré comme un bouffon inutile, était l’un des derniers survivants de l’équipage original. Son immortalité mystérieuse — un don inexpliqué qui l’avait ramené à la vie à chaque mort — lui avait permis de survivre là où tant d’autres avaient péri.

“C’est fini ?” demanda-t-il d’une petite voix. “Le grand méchant nuage est parti ?”

Personne ne lui répondit. Mais oui, c’était fini.

Le Prix de la Victoire

Dominaria était sauvée. Mais à quel prix ?

Des continents entiers avaient été dévastés par l’invasion et la Death Cloud. Benalia était en ruines. Llanowar avait perdu la moitié de ses forêts ancestrales. Urborg était un charnier. Tolaria n’existait plus — effacée par le sacrifice de Barrin.

Et les pertes humaines… incalculables. Des millions de morts. Des civilisations entières éteintes. Des lignées qui ne seraient jamais continuées. Des connaissances perdues à jamais.

À gauche, la Dévastation — des continents entiers ravagés, des villes réduites en cendres. Au centre, la Colère de Dieu rappelait l’ampleur de la destruction — aucune créature n’avait été épargnée. À droite, l’Apocalypse elle-même — le mot n’était pas exagéré.

Les héros avaient gagné. Mais personne ne célébrait.

L’Héritage de Karn

Karn se tenait seul au milieu des ruines.

Le golem d’argent qui avait été créé comme une simple sonde temporelle, qui avait servi de protecteur pour le bébé Gerrard, qui avait été le cœur silencieux du Weatherlight pendant des années… était maintenant un planeswalker. L’étincelle d’Urza brûlait en lui, lui donnant le pouvoir de voyager entre les plans.

Mais avec ce pouvoir venaient aussi les souvenirs d’Urza. Quatre mille ans de vie. De guerre. De sacrifice. De culpabilité. Karn les portait tous maintenant, comme un fardeau qu’il n’avait jamais demandé.

Karn, Legacy Reforged
Karn, Héritage Reforgé : le golem était maintenant un planeswalker, porteur du poids de quatre millénaires de guerre et d'une étincelle héritée

La Graine Cachée

Ce que Karn ignorait — ce que personne ne savait encore — c’était qu’il portait autre chose en lui. Pendant toutes ces années au cœur du Weatherlight, pendant ses voyages à travers Phyrexia avec les Titans, une substance s’était accumulée dans ses mécanismes.

L’huile phyrexiane.

Quelques gouttes seulement. Invisibles, dormantes, inoffensives en apparence. Mais l’huile phyrexiane n’était jamais vraiment inoffensive. Elle attendait. Elle se répandait. Elle corrompait.

Et quand Karn, des années plus tard, créerait un monde nouveau — un plan de métal parfait qu’il appellerait Argentum — il y laisserait des traces de cette huile. Des graines de corruption qui germeraient pendant des siècles, jusqu’à transformer son paradis métallique en un nouvel enfer.

New Phyrexia naîtrait des cendres de l’ancienne. Mais c’est une histoire pour une autre saga.

Les Survivants

Qui restait-il après l’Apocalypse ?

Des Neuf Titans, seuls Lord Windgrace, Freyalise et Bo Levar avaient survécu. Commodore Guff était tombé dans les dernières heures de la bataille. Ces planeswalkers, marqués à jamais par l’expérience, se disperseraient à travers le Multivers — certains pour protéger, d’autres pour se cacher, tous pour porter le souvenir de ce qu’ils avaient vécu.

Du Weatherlight, il ne restait que Squee. Le gobelin immortel, seul survivant d’un équipage légendaire. Sisay, Tahngarth, Orim — tous avaient péri dans les derniers jours de la guerre. Le vaisseau lui-même, vidé de son énergie par l’activation de l’Héritage, reposait comme une carcasse inerte.

À gauche, Squee l’Immortel — le gobelin qui survivait toujours, contre toute logique, comme un rappel absurde que la vie trouvait toujours un chemin. Au centre, Sisay, Capitaine du Weatherlight — celle qui avait mené le vaisseau à travers tant d’aventures, dont le sacrifice serait honoré pendant des générations. À droite, le Héraut de la Victoire — car malgré tout, ils avaient gagné.

La Fin d’une Ère

L’Apocalypse marquait plus que la fin de Yawgmoth. Elle marquait la fin d’une ère entière de Magic.

Les Oldwalkers — ces planeswalkers quasi-divins qui avaient façonné le Multivers pendant des millénaires — étaient presque tous morts ou affaiblis. Urza, le plus grand d’entre eux, n’était plus. Serra était morte depuis longtemps. Tevesh Szat avait été absorbé. Taysir était tombé.

Le pouvoir des planeswalkers ne serait plus jamais le même. Quelque chose avait changé dans le tissu de la réalité — les abus de pouvoir des Oldwalkers, les voyages temporels de Tolaria, le cataclysme de l’Apocalypse avaient créé des failles. Des rifts. Des blessures dans le temps lui-même.

Ces blessures mettraient des siècles à se manifester pleinement. Mais quand elles le feraient, elles forceraient un changement fondamental : le Mending, qui transformerait à jamais la nature des planeswalkers.

Bilan : La Fin de la Saga Urza

Quatre mille ans de conflit s’achevaient dans la lumière et le sacrifice.

Urza, le génie fou, le stratège impitoyable, l’homme qui avait tout sacrifié pour cette victoire, avait finalement trouvé la rédemption — non pas dans la victoire, mais dans l’acceptation de sa propre mort. Son hésitation finale, sa tentation de rejoindre Yawgmoth, rendait son sacrifice d’autant plus significatif. Il avait choisi de mourir humain plutôt que de vivre machine.

Gerrard, le héros réticent, avait accepté un destin qu’il n’avait jamais voulu. Manipulé depuis sa naissance, privé de tout ce qu’il aimait, il aurait pu haïr Urza. Au lieu de cela, il lui avait accordé la mort qu’il demandait, puis avait donné sa propre vie pour sauver un monde qui ne le connaîtrait jamais.

Et Karn, la création innocente, portait maintenant le poids de leur héritage. Un golem devenu dieu, porteur de l’espoir… et des graines de la prochaine catastrophe.

À gauche, la Mightstone et la Weakstone — les pierres qui avaient tout commencé, les yeux d’Urza, maintenant intégrées à l’essence de Karn. Au centre, le Martyre — le sacrifice ultime de Gerrard et d’Urza, qui avaient donné tout ce qu’ils étaient. À droite, le Bastion de Karn — le symbole de ce que le golem bâtirait avec son nouveau pouvoir.

  • Yawgmoth est mort — Le Père des Machines, après des millénaires de menace, a été définitivement détruit
  • Phyrexia est tombée — Sans Yawgmoth, le plan artificiel s’effondre… mais l’huile survit
  • Urza a trouvé la rédemption — Dans la mort, le planeswalker a finalement payé pour ses crimes
  • Gerrard a accompli son destin — Le héros réticent est devenu le sauveur de Dominaria
  • Karn porte l’avenir — Le golem est maintenant un planeswalker, mais transporte une menace cachée
  • Dominaria doit se reconstruire — Des siècles seront nécessaires pour réparer les dégâts

Dans le prochain épisode…

Épisode 6 : Les Cicatrices du Multivers

Des siècles ont passé depuis l’Apocalypse. Dominaria se reconstruit lentement, mais le tissu de la réalité porte encore les cicatrices de la guerre. Des rifts temporels s’ouvrent, laissant échapper des échos du passé et du futur. Karn a créé Argentum, un monde de métal parfait — ignorant qu’il y a planté les graines de New Phyrexia. Et sur Otaria, un artefact appelé le Mirari déchaîne des forces qui changeront le Multivers à jamais. Bienvenue dans l’Ère des Rifts.

Sources

  • Apocalypse (J. Robert King, 2001) — Roman final de la trilogie Invasion, détaillant la mort de Yawgmoth
  • Extension Apocalypse (2001) — Dernière extension du bloc Invasion, concluant la saga
  • The Brothers’ War (Jeff Grubb, 1998) — Pour comprendre les origines d’Urza et des pierres de pouvoir
  • Planeswalker (Lynn Abbey, 1998) — Les voyages d’Urza et sa préparation contre Phyrexia
  • MTG Wiki — Articles sur Yawgmoth, l’Héritage, Karn, et l’Apocalypse

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