- La Splendeur de l’Empire Thran
- Halcyon : La Cité Suspendue
- Les Deux Génies : Glacian et Rebbec
- Glacian — Le Père des Powerstones
- Rebbec — L’Architecte Visionnaire
- Les Ombres de l’Empire
- Les Euméens : Une Race Asservie
- Le Conseil d’Halcyon
- Le Retour de Yawgmoth
- La “Guérison” selon Yawgmoth
- La Découverte de Phyrexia
- La Guerre Civile
- Les Deux Camps
- La Chute d’Halcyon
- Le Dernier Acte de Rebbec
- L’Héritage des Thran
- Dans le prochain épisode…
- Sources
Des millénaires après la Guerre des Elder Dragons, alors que les cicatrices du conflit s’effaçaient sous les forêts et les océans, une civilisation humaine atteignit des sommets que le Multivers n’avait jamais connus. Leurs cités flottaient dans les airs. Leurs machines défiant les lois de la nature. Leurs savants perçaient les secrets du mana lui-même.
Ils s’appelaient les Thran. Et leur chute serait aussi spectaculaire que leur ascension.
Dans l’épisode précédent, nous avons exploré la Guerre des Elder Dragons et les origines du conflit entre Nicol Bolas et Ugin. Aujourd’hui, nous avançons de millénaires pour découvrir les personnages qui ont vécu la tragédie des Thran de l’intérieur : l’artificier génial Glacian, l’architecte visionnaire Rebbec, et les forces politiques qui ont permis à un médecin exilé de détruire la plus grande civilisation de Dominaria.

La Splendeur de l’Empire Thran
À son apogée, l’Empire Thran dominait un continent entier de Dominaria. Huit cités-états formaient sa structure politique : Halcyon, la capitale flottante ; Nyoron, le centre industriel ; Seaton, le port maritime ; Phoenon, Orleason, Chignon, Losanon et Wington.
Mais c’était Halcyon qui incarnait la gloire des Thran.
Halcyon : La Cité Suspendue
Halcyon ne reposait pas sur le sol. Elle flottait au-dessus des Caves de Koilos, maintenue en l’air par des champs de force alimentés par d’innombrables Powerstones. Des tours de cristal s’élevaient vers les nuages, reliées par des ponts de lumière solidifiée. Des jardins suspendus débordaient de fleurs exotiques. Des cascades artificielles tombaient dans le vide, leur eau récupérée et recyclée par des systèmes ingénieux.

La technologie thrane dépassait tout ce que Dominaria connaîtrait pendant des millénaires. Leurs portails permettaient de traverser l’empire en un instant. Leurs golems effectuaient les tâches laborieuses. Leurs véhicules volants sillonnaient les cieux. Et au cœur de tout : les Powerstones, ces cristaux capables de stocker des quantités phénoménales de mana.
Mais cette merveille technologique cachait une faille mortelle.
Les Deux Génies : Glacian et Rebbec
Au sommet de la société thrane, deux figures dominaient le paysage intellectuel : Glacian, le plus grand artificier de l’empire, et Rebbec, son épouse, architecte des merveilles d’Halcyon.
Glacian — Le Père des Powerstones

Glacian était un génie. Pas simplement intelligent — visionnaire. Là où d’autres artificiers se contentaient d’utiliser les Powerstones existantes, Glacian cherchait à en comprendre la nature profonde, à les améliorer, à repousser les limites du possible.
Ses innovations avaient transformé l’empire. Les Powerstones de nouvelle génération étaient plus stables, plus durables, plus puissantes. Halcyon elle-même ne flottait que grâce aux améliorations de Glacian. Il était adoré par le peuple, respecté par ses pairs, craint par ses rivaux.
Mais Glacian avait un défaut fatal : son obsession. Il passait des jours entiers dans ses laboratoires, négligeant sa santé, sa famille, tout ce qui n’était pas ses recherches. Il manipulait les Powerstones à mains nues, s’exposant à leurs radiations sans protection.
Et un jour, il commença à tousser.
Rebbec — L’Architecte Visionnaire

Si Glacian était le cerveau technique de l’empire, Rebbec était son âme artistique. Architecte de génie, elle avait conçu les structures les plus emblématiques d’Halcyon : le Palais du Conseil, la Grande Bibliothèque, les Jardins Suspendus.
Son style mêlait fonctionnalité et beauté. Chaque bâtiment qu’elle concevait était à la fois une merveille d’ingénierie et une œuvre d’art. Elle comprenait que l’architecture n’était pas qu’une question de murs et de toits — c’était une façon de donner forme aux aspirations d’une civilisation.
Rebbec aimait Glacian profondément, mais leur mariage était… compliqué. Elle le voyait s’enfoncer dans son travail, négliger sa santé, et ne pouvait rien faire pour l’arrêter. Quand les premiers symptômes de la Phthisis apparurent, elle fut dévastée.
C’est dans ce moment de vulnérabilité qu’un certain médecin exilé fit son retour à Halcyon.
Les Ombres de l’Empire
La grandeur de l’Empire Thran reposait sur un secret honteux : les euméens.
Les Euméens : Une Race Asservie
Les euméens étaient une race humanoïde que les Thran considéraient comme inférieure. Ils n’avaient pas droit à la citoyenneté, ne pouvaient pas posséder de terres, ne pouvaient pas témoigner contre un Thran devant un tribunal. Ils effectuaient les travaux les plus dangereux — notamment dans les mines de Powerstones.

Cette exploitation avait une conséquence prévisible : les euméens développaient la Phthisis à des taux alarmants. Mais tant que la maladie restait confinée aux classes inférieures, l’élite thrane fermait les yeux.
Jusqu’à ce que Glacian, le plus grand artificier de l’empire, commence à présenter les mêmes symptômes.
Soudain, la Phthisis n’était plus un problème d’euméens. C’était une crise nationale.
Le Conseil d’Halcyon
L’Empire Thran était gouverné par un Conseil de nobles et de savants. En théorie, ils prenaient les décisions collectivement. En pratique, les intrigues, les alliances et les trahisons étaient monnaie courante.
Quand la Phthisis commença à frapper l’élite, le Conseil se divisa. Certains voulaient fermer les mines de Powerstones. D’autres refusaient de sacrifier la prospérité de l’empire pour une maladie qu’on finirait bien par guérir. D’autres encore cherchaient un bouc émissaire.
C’est alors qu’un nom ressurgit des archives : Yawgmoth. Un médecin brillant, exilé des années plus tôt pour des expériences jugées contraires à l’éthique. Mais un médecin qui avait étudié la Phthisis comme personne d’autre.
Le Conseil vota son rappel. Rebbec s’y opposa — elle avait entendu des rumeurs troublantes sur ses méthodes. Mais Glacian, désespéré, plaida en sa faveur.
Ce vote scellerait le destin de l’Empire Thran.
Le Retour de Yawgmoth
Yawgmoth revint à Halcyon en héros. Le médecin exilé, rappelé pour sauver l’empire. L’histoire était trop belle pour ne pas être racontée.
Il s’installa au chevet de Glacian, étudia sa maladie avec une intensité qui impressionna tout le monde. Il fit des découvertes cruciales : la Phthisis était causée par les radiations des Powerstones. Les Thran s’empoisonnaient avec leur propre technologie.
Mais son “remède” était autre chose.
La “Guérison” selon Yawgmoth
Yawgmoth proposa une solution radicale : remplacer les organes malades par des prothèses mécaniques. Poumons artificiels. Cœurs de métal. Membres de chrome et d’acier.

Les premiers patients survécurent. Ils n’étaient plus vraiment humains, mais ils vivaient. Pour une société désespérée, c’était suffisant.
Mais Rebbec observait avec horreur. Elle voyait ce que les autres refusaient de voir : Yawgmoth ne cherchait pas à guérir. Il cherchait à transformer. Chaque patient était une expérience, chaque “guérison” un pas vers quelque chose de plus grand — et de bien plus terrible.
Elle tenta d’alerter le Conseil. Personne ne l’écouta. Yawgmoth était devenu trop populaire, trop puissant. Et Glacian, son propre mari, était désormais sous les soins du médecin.
La Découverte de Phyrexia
Yawgmoth avait un secret. Une planeswalker nommée Dyfed, fascinée par son intellect, lui avait révélé l’existence d’autres plans — d’autres mondes au-delà de Dominaria. Elle l’avait emmené visiter le Multivers.
Et elle lui avait montré un plan abandonné. Un monde artificiel composé de neuf sphères concentriques, comme les cercles de l’Enfer. Un endroit vide, attendant d’être rempli.
Yawgmoth le nomma Phyrexia.
Il commença à y emmener ses patients “guéris”. Sur ce plan, loin des yeux du Conseil, il pouvait aller plus loin dans ses expériences. Beaucoup plus loin.

La Guerre Civile
La vérité finit par éclater. Des survivants des expériences de Yawgmoth s’échappèrent de Phyrexia et racontèrent ce qu’ils avaient vu : des horreurs mi-chair mi-machine, des tortures au nom de la “perfection”, un médecin devenu fou de pouvoir.
L’Empire Thran se déchira.
Les Deux Camps
D’un côté, les partisans de Yawgmoth. Ils étaient nombreux — tous ceux qui lui devaient la vie, tous ceux qui croyaient en sa vision d’un monde sans maladie, sans faiblesse, sans mort. Ils incluaient une partie significative de l’armée et plusieurs membres du Conseil.
De l’autre, ceux qui voyaient Yawgmoth pour ce qu’il était vraiment. À leur tête : Rebbec.
Glacian, mourant de la Phthisis mais refusant les “soins” de Yawgmoth, créa des armes pour combattre les forces du médecin. Des golems de guerre. Des canons à mana. Des boucliers capables de résister aux créations phyrexianes.
Mais il était trop tard. Yawgmoth avait eu des années pour préparer son coup.
La Chute d’Halcyon
La guerre fut brève mais dévastatrice. Les forces de Yawgmoth, renforcées par ses créations phyrexianes, balayèrent la résistance. Halcyon, la cité flottante, s’écrasa au sol quand les Powerstones qui la maintenaient furent détruites dans les combats.
Des millions moururent. L’Empire Thran, qui avait dominé Dominaria pendant des siècles, s’effondra en quelques semaines.
Yawgmoth s’enfuit vers Phyrexia avec ses fidèles et ses créations, emmenant avec lui les secrets de la technologie thrane.
Le Dernier Acte de Rebbec
Dans les ruines d’Halcyon, Rebbec accomplit son acte le plus important.
Glacian était mort — mais pas vraiment. Au moment de sa mort, son étincelle de planeswalker latente s’était éveillée d’une façon unique : son âme avait été absorbée par une Powerstone que Dyfed avait fissurée lors de son agonie.
Cette Powerstone s’était brisée en deux moitiés : la Mightstone et la Weakstone.
Rebbec utilisa ces deux pierres pour sceller le portail vers Phyrexia. Elle savait qu’elle ne pouvait pas détruire Yawgmoth — mais elle pouvait l’emprisonner dans son propre royaume.

Le sceau tiendrait pendant des millénaires. Mais Rebbec savait que rien n’était éternel. Un jour, quelqu’un trouverait les pierres. Un jour, le portail se rouvrirait.
Elle avait raison.
Des millénaires plus tard, deux frères nommés Urza et Mishra découvriraient les ruines d’Halcyon — un site que les légendes appelaient désormais les Caves de Koilos. Ils trouveraient la Mightstone et la Weakstone. Et le cycle recommencerait.
L’Héritage des Thran
L’Empire Thran disparut, mais son héritage perdura.
Leurs artefacts parsèment encore Dominaria. Des Powerstones sont découvertes régulièrement, alimentant les recherches des artificiers modernes. Les ruines de leurs cités attirent archéologues et pilleurs de tombes.
Leur technologie influença tout ce qui suivit. Urza, le plus grand artificier de l’histoire post-Thran, passa sa vie à essayer de comprendre et de reproduire leurs créations.
Et leur ennemi — Yawgmoth, devenu le Père des Machines — attendait patiemment dans les neuf sphères de Phyrexia. Préparant son retour. Perfectionnant ses créations. Rêvant du jour où il complèterait tout le Multivers.
Les Thran avaient créé une merveille. Et dans leur arrogance, ils avaient créé le mal absolu.
Dans le prochain épisode…
Épisode 0.3 : La Naissance de Phyrexia
Exilé de Dominaria, Yawgmoth transforme un plan vide en l’enfer biomécanique de Phyrexia. Découvrez comment le Père des Machines a créé les neuf sphères, développé le concept de Compleation, et préparé pendant des millénaires son invasion du Multivers.
L’huile noire. Les Praetors. La philosophie de la perfection mécanique.
“Tout sera un.”
Sources
- MTG Wiki : Thran Empire — Documentation complète sur l’empire et sa structure
- MTG Wiki : The Thran (novel) — Résumé du roman de J. Robert King
- MTG Wiki : Glacian — Biographie de l’artificier
- MTG Wiki : Rebbec — Biographie de l’architecte
- Commander Legends (extension Magic, 2020) — Cartes Glacian et Rebbec

