Épisode 14 : L’Aube d’une Nouvelle Ère

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Épisode 14Ère Moderne (2003-2015)📖 22 min de lecture
Ép. 13Épisode 13 : Spirale Temporelle
Ép. 15Épisode 15 : Les Fragments d'Alara

Le Multivers avait survécu — mais il n’était plus le même. Le Mending avait refermé les rifts qui déchiraient la réalité, mais il avait aussi réécrit les lois fondamentales de la magie. Les planeswalkers n’étaient plus des dieux. L’ère des titans immortels s’achevait, et une nouvelle génération émergeait — plus vulnérable, plus humaine, mais tout aussi déterminée à façonner le destin des mondes.

Bienvenue dans l’épisode 8 de notre exploration du lore de Magic: The Gathering. Nous entrons dans l’Ère Moderne — la période post-Mending qui définit le Magic contemporain. Découvrez les origines des planeswalkers emblématiques qui allaient devenir les visages du jeu : Jace, Chandra, Liliana, Garruk et Nissa. Suivez leurs premiers pas dans un Multivers transformé, et assistez à l’événement catastrophique qui libéra les Eldrazi sur Zendikar.

Zendikar, le plan sauvage : un monde d'une beauté incomparable et d'un danger mortel, où la terre elle-même semble vivante — et où dormait une menace ancienne.
Zendikar, le plan sauvage : un monde d'une beauté incomparable et d'un danger mortel, où la terre elle-même semble vivante — et où dormait une menace ancienne.Art: Wizards of the Coast

Un Multivers Transformé

Le Mending avait changé les règles du jeu. Avant cet événement cosmique, les planeswalkers étaient des êtres quasi-divins : immortels, capables de créer des mondes, de voyager dans le temps, de remodeler la réalité à leur guise. Urza avait vécu plus de quatre mille ans. Nicol Bolas avait dominé des empires pendant des dizaines de millénaires.

Après le Mending, tout cela disparut. Les planeswalkers conservaient leur capacité à voyager entre les plans — cette étincelle qui les distinguait des mortels ordinaires — mais ils avaient perdu leur immortalité, leur invulnérabilité, leur pouvoir quasi-illimité. Ils pouvaient désormais être blessés, malades, tués. Ils vieillissaient comme n’importe qui.

Pour les rares Oldwalkers survivants comme Nicol Bolas, cette transformation était une humiliation insupportable. Mais pour une nouvelle génération de planeswalkers, ces limitations n’étaient pas des pertes — c’était simplement la réalité. Ils n’avaient jamais connu l’ancienne puissance. Pour eux, le Multivers post-Mending était le seul monde qu’ils connaissaient.

À gauche, Jace Beleren, le télépathe au passé fragmenté, dont les souvenirs effacés cachent autant de traumatismes que de secrets. Au centre, Chandra Nalaar, la pyromancienne passionnée dont les flammes reflètent son tempérament indomptable. À droite, Liliana Vess, la nécromancienne qui a conclu des pactes avec des démons pour échapper à la mortalité que le Mending lui avait imposée.

Jace Beleren : Le Télépathe aux Souvenirs Perdus

Sur le plan de Vryn, un monde de conflits perpétuels entre factions rivales, naquit un enfant aux capacités inhabituelles. Jace Beleren manifesta ses pouvoirs télépathiques dès son plus jeune âge — si jeune que ses parents, Gav et Ranna, s’inquiétèrent. Les pensées des autres envahissaient son esprit sans invitation. Les secrets des voisins, les peurs des inconnus, les désirs inavoués de tous ceux qui l’approchaient — Jace les entendait tous.

À treize ans, ses parents l’envoyèrent étudier auprès d’un mage local nommé Alhammarret — un sphinx qui promettait de l’aider à maîtriser ses dons. Ce qu’ils ignoraient, c’est qu’Alhammarret avait ses propres intentions. Le sphinx reconnut immédiatement le potentiel de Jace : non seulement un télépathe puissant, mais un planeswalker latent.

Pendant des années, Alhammarret manipula son apprenti. À chaque fois que l’étincelle de Jace s’éveillait, le tirant brièvement dans les Éternités Aveugles, le sphinx effaçait ses souvenirs de l’événement. Il voulait garder Jace sous son contrôle, utiliser ses pouvoirs pour ses propres machinations politiques sur Vryn.

La vérité finit par éclater. Quand Jace découvrit l’étendue de la trahison de son maître, il l’affronta dans un duel télépathique d’une violence inouïe. Le combat ravagea l’esprit des deux combattants. Jace gagna — mais le prix fut terrible. Pour ne plus jamais revoir le visage de son mentor, pour oublier le poids de ce qu’il avait fait, il effaça ses propres souvenirs.

La force du duel déclencha son premier transplanement conscient. Jace se retrouva sur Ravnica, seul, amnésique, avec des lambeaux de pouvoir et aucune idée de qui il était vraiment.

Jace, the Mind Sculptor
Jace, Sculpteur de l'Esprit : le télépathe le plus puissant de sa génération, capable de remodeler les souvenirs et de briser les esprits

Sur Ravnica, Jace dut se reconstruire. Il apprit à utiliser ses pouvoirs de manière “autodidacte”, développant des techniques uniques de manipulation mentale. Mais son habitude de supprimer ses propres souvenirs douloureux créa des lacunes dans sa personnalité — des zones d’ombre qu’il préférait ne pas explorer. Cette fragilité psychologique le rendait imprévisible : parfois brillant stratège, parfois paralysé par des traumatismes qu’il ne comprenait pas.

Chandra Nalaar : La Flamme Indomptable

Sur Kaladesh — un plan de merveilles technologiques où l’éther alimentait des inventions extraordinaires — la magie était paradoxalement interdite. Le Consulat qui gouvernait Ghirapur réprimait toute manifestation de pouvoir magique, considérant les mages comme des menaces à l’ordre public.

C’est dans ce contexte que naquit Chandra Nalaar, fille de Kiran et Pia Nalaar, deux inventeurs qui trafiquaient secrètement de l’éther. Dès l’enfance, Chandra manifesta un don pour le feu — des flammes qui jaillissaient spontanément quand ses émotions s’emballaient, ce qui arrivait fréquemment vu son tempérament volcanique.

Le Consulat finit par découvrir les activités de sa famille. Son père fut tué. Sa mère disparut, présumée morte. Chandra elle-même fut capturée et condamnée à l’exécution publique pour usage de magie. On la traîna dans l’arène de Ghirapur, où le bourreau Baral — un officier qui possédait lui-même des pouvoirs secrets — leva sa lame.

Au moment où l’acier descendait vers son cou, l’étincelle de Chandra s’embrasa. Littéralement. Une explosion de feu consuma l’arène, et la jeune fille disparut dans les flammes — transplanant vers Regatha, un plan où le feu était vénéré plutôt que craint.

Kaladesh, le plan des inventeurs : un monde de merveilles technologiques alimentées par l'éther, où Chandra grandit avant de fuir le Consulat.
Kaladesh, le plan des inventeurs : un monde de merveilles technologiques alimentées par l'éther, où Chandra grandit avant de fuir le Consulat.Art: Wizards of the Coast

Sur Regatha, Chandra trouva refuge au monastère de Keral Keep, où les enseignements de la légendaire pyromancienne Jaya Ballard guidaient encore les disciples. Elle apprit à canaliser ses flammes, à transformer sa rage en pouvoir contrôlé — même si “contrôlé” restait un terme relatif pour quelqu’un d’aussi impulsive.

Chandra devint une pyromancienne d’une puissance exceptionnelle, capable de générer assez de chaleur pour faire fondre la roche. Mais elle restait fondamentalement une rebelle, allergique à l’autorité, prompte à agir d’abord et réfléchir ensuite. Ces traits la mettraient souvent en danger — et parfois, mettraient le Multivers entier en danger.

À gauche, Chandra, Feu de Kaladesh, représentant la jeune pyromancienne avant son éveil complet. Au centre, Keral Keep, le monastère où elle apprit à maîtriser ses flammes sous l’influence spirituelle de Jaya Ballard. À droite, les Lunettes de Pyromancien, un artefact qui amplifiait sa magie déjà dévastatrice.

Liliana Vess : Les Pactes Démoniaques

Contrairement aux autres, Liliana Vess n’était pas une “newwalker”. Elle avait éveillé son étincelle bien avant le Mending, sur Dominaria, où elle était née dans une famille noble de Benalia. Mais le Mending l’avait frappée de plein fouet, lui arrachant son immortalité et la condamnant à vieillir comme n’importe quelle mortelle.

L’histoire de Liliana avait commencé des siècles plus tôt. Fille d’un général benalien, elle étudiait les arts de guérison dans l’Ordre de l’Avant — tout en pratiquant secrètement la nécromancie, une magie interdite. Quand son frère Josu tomba gravement malade lors d’une bataille, Liliana tenta de le sauver en utilisant ses pouvoirs obscurs.

Un mystérieux personnage qu’elle appellerait plus tard l’Homme au Corbeau lui enseigna un rituel pour créer une potion curative. Le remède fonctionna… en partie. Josu guérit de sa maladie, mais le traitement le rendit fou et le transforma en créature maudite. Liliana dut tuer son propre frère de ses mains. Le traumatisme éveilla son étincelle, et elle s’enfuit vers Innistrad.

Pendant des siècles, Liliana vécut comme une planeswalker immortelle, perfectionnant sa maîtrise de la mort et des morts-vivants. Puis le Mending survint. Du jour au lendemain, elle commença à vieillir. Les rides apparurent. La mort qu’elle avait tant manipulée venait désormais pour elle.

Désespérée, Liliana chercha un moyen de retrouver sa jeunesse. Elle rencontra Nicol Bolas, qui lui proposa un marché : il arrangerait des contrats avec quatre démons puissants qui lui rendraient sa jeunesse et une partie de son pouvoir, en échange de sa servitude.

À gauche, Kothophed, Accapareur d’Âmes, le premier des quatre démons, qui envoya Liliana récupérer le Voile de Chaînes. Au centre, Griselbrand, le démon d’Innistrad dont la défaite coûta la vie à une archange. À droite, Razaketh le Fétide, un démon dont l’emprise sur Liliana était particulièrement cruelle.

Liliana accepta le marché. Les contrats furent gravés dans sa peau sous forme de tatouages violets, des marques qui pulsaient de pouvoir démoniaque. Elle retrouva sa beauté, sa jeunesse, une fraction de sa puissance d’antan. Mais elle était désormais enchaînée à quatre maîtres démoniaques : Kothophed, Griselbrand, Razaketh et Belzenlok.

Kothophed l’envoya sur Shandalar pour récupérer un artefact ancien : le Voile de Chaînes, un masque créé par les Onakke qui amplifiait dramatiquement le pouvoir de son porteur. Liliana s’en empara — et découvrit que l’artefact pouvait l’aider à détruire ses maîtres démoniaques. Le Voile lui murmurait des secrets, promettant la liberté si elle osait l’utiliser.

The Chain Veil
Le Voile de Chaînes : un artefact maudit des Onakke qui offre un pouvoir immense à un prix terrible

Garruk et Nissa : La Nature Sauvage

Garruk Wildspeaker

Garruk grandit sur un plan sans nom, fils d’un fermier qui était aussi un “taskmage” — un mercenaire magique. Quand son père Raklan fut tué par les forces d’un seigneur local, le jeune garçon s’enfuit dans la nature sauvage. Il y passa des années, apprenant à survivre parmi les bêtes, développant une connexion mystique avec les créatures qu’il chassait et apprivoisait.

Son étincelle s’éveilla lors d’une confrontation avec un prédateur particulièrement dangereux. Garruk transplana vers Shandalar, où il continua sa vie de chasseur solitaire, invoquant des bêtes toujours plus puissantes pour l’accompagner.

C’est sur Shandalar que sa trajectoire croisa celle de Liliana. Quand elle tua l’une de ses créatures invoquées, Garruk l’attaqua avec une fureur animale. Liliana utilisa le Voile de Chaînes pour se défendre — et le maudit. La magie noire s’infiltra en lui, corrompant ses pouvoirs. Son sang devint noir et huileux. Ses invocations commencèrent à se transformer en monstruosités.

À gauche, Garruk Parlevif dans sa forme originelle, maître des bêtes et protecteur de la nature. Au centre, Garruk, Chasseur Maudit, montrant sa transformation après la malédiction de Liliana. À droite, la Horde de Garruk, représentant les créatures massives qu’il pouvait invoquer avant sa corruption.

La malédiction transforma progressivement Garruk en chasseur de planeswalkers. Une prophétie annonçait qu’il deviendrait un démon appelé le Destructeur de Mondes s’il ne trouvait pas de remède. Le géant vert devint une menace errante, traquant d’autres planeswalkers à travers le Multivers.

Nissa Revane

Sur Zendikar, un plan d’une beauté sauvage où la terre elle-même semblait vivante, vivait une elfe nommée Nissa Revane. Membre de la tribu Joraga de la région de Bala Ged, elle possédait un don rare : une connexion spirituelle avec la terre si profonde que “son âme parlait à Zendikar, et le plan faisait autant partie d’elle que le sang dans ses veines”.

Nissa percevait les leylines de mana qui traversaient son monde. Elle sentait le pouls de la terre, les murmures des forêts, les secrets enfouis dans la roche. Et elle sentait aussi quelque chose d’autre — une présence ancienne, enfouie au plus profond du plan. Quelque chose de terriblement, fondamentalement mauvais.

Son étincelle s’éveilla quand elle confronta cette sensation de malaise pour la première fois. Elle transplana, explora d’autres mondes, mais revint toujours à Zendikar. Son monde avait besoin d’elle. Et ce qu’elle découvrirait bientôt changerait tout.

À gauche, Nissa Revane, l’elfe animiste dans sa forme originelle, connectée aux forces de la nature. Au centre, Nissa, Éveilleuse de Mondes, montrant son pouvoir d’animer la terre elle-même. À droite, le Pèlerinage de Nissa, représentant sa quête spirituelle à travers les forêts de Zendikar.

La Prison des Eldrazi

Ce que Nissa percevait, c’était l’Œil d’Ugin — et les horreurs qu’il contenait.

Des millénaires plus tôt, bien avant le Mending, trois planeswalkers s’étaient alliés pour affronter une menace cosmique : les Eldrazi. Ces titans du néant n’étaient pas des créatures au sens traditionnel — ils étaient des forces primordiales qui dévoraient les plans entiers, transformant la réalité en poussière. Trois d’entre eux se distinguaient par leur puissance absolue : Emrakul, Ulamog et Kozilek.

Nahiri, une kor lithomancienne originaire de Zendikar, avait forgé un réseau de hédrons — des pierres magiques géométriques — pour piéger les titans dans une forme physique. Sorin Markov, un vampire de Innistrad, avait utilisé sa magie pour attirer les Eldrazi vers Zendikar. Et Ugin, le Dragon-Esprit, avait tissé le sortilège final qui les liait au plan.

Ensemble, ils avaient créé une prison planétaire. Les hédrons canalisaient les leylines de tout Zendikar comme les barreaux d’une cage cosmique. L’Œil d’Ugin, une caverne souterraine sur le continent d’Akoum, servait de point focal — un verrou qui ne pouvait être ouvert que par trois étincelles de planeswalker agissant de concert, plus le souffle invisible et incolore d’Ugin lui-même.

À gauche, l’Œil d’Ugin, la caverne qui servait de point focal à l’emprisonnement des Eldrazi. Au centre, les Archives d’Hédron, représentant les pierres mystiques qui formaient la cage cosmique. À droite, Zendikar Resurgent, évoquant le lien vital entre le plan et sa magie emprisonnée.

Pendant des millénaires, la prison tint. Les habitants de Zendikar oublièrent ce qui dormait sous leurs pieds. La présence des Eldrazi s’infiltra dans la culture locale sous forme de légendes confuses — les “dieux” Emeria, Ula et Cosi, des divinités que les peuples vénéraient sans savoir qu’ils adoraient leurs geôliers cosmiques.

Mais après le Mending, les barrières entre les plans s’affaiblirent. Les sceaux qui maintenaient les Eldrazi commencèrent à se fissurer. Et Nicol Bolas, le dragon qui cherchait à retrouver sa puissance perdue, vit une opportunité.

L’Œil d’Ugin : La Libération

Bolas manipula les événements avec une patience de prédateur. Il envoya son serviteur Sarkhan Vol — un humain de Tarkir obsédé par les dragons — surveiller l’Œil d’Ugin. Il savait que tôt ou tard, les conditions seraient réunies pour briser le sceau.

Sarkhan avait été un général sur son monde natal, un homme qui vénérait les dragons comme les prédateurs ultimes. Quand il rencontra Nicol Bolas sur le plan de Jund, il fut subjugué. Voilà un dragon digne de sa dévotion — le plus ancien, le plus puissant, le plus cruel de tous. Il échangea son sang avec celui du dragon, gagnant un pouvoir qu’il n’aurait jamais imaginé, et perdit son âme dans le processus.

Mais les années passées près de l’Œil d’Ugin brisèrent l’esprit de Sarkhan. Les murmures des Eldrazi s’infiltraient dans son crâne. Il entendait des voix, voyait des visions, perdait prise sur la réalité. Quand d’autres planeswalkers arrivèrent à l’Œil, il était déjà à moitié fou.

À gauche, Sarkhan Vol dans sa forme originelle, un planeswalker capable de se transformer en dragon. Au centre, Sarkhan, Orateur des Dragons, montrant son pouvoir draconique. À droite, la Rage de Sarkhan, illustrant la violence dont il était capable.

Chandra arriva la première, attirée par des rumeurs sur un parchemin ancien caché dans les ruines. Jace la suivit, envoyé par une organisation secrète de Ravnica pour récupérer le même artefact. Quand ils se rencontrèrent dans les tunnels menant à l’Œil, la confrontation fut inévitable.

Sarkhan les attaqua tous les deux, se transformant en dragon pour les combattre. Le chaos de la bataille — trois planeswalkers déchaînant leur pouvoir dans une caverne saturée de magie — créa exactement les conditions nécessaires pour affaiblir le sceau. Les hédrons tremblèrent. Les leylines vacillèrent.

Mais ce ne fut pas la bataille qui libéra les Eldrazi. Ce fut Nissa.

Innistrad, le plan des ténèbres : un monde gothique de vampires, de loups-garous et de spectres — la demeure de Sorin Markov, l'un des trois créateurs de la prison des Eldrazi.
Innistrad, le plan des ténèbres : un monde gothique de vampires, de loups-garous et de spectres — la demeure de Sorin Markov, l'un des trois créateurs de la prison des Eldrazi.Art: Wizards of the Coast

Le Choix Fatal de Nissa

Sorin Markov sentit les perturbations depuis Innistrad. Le vampire millénaire, l’un des trois architectes de la prison, comprit que quelque chose de terrible se préparait. Il transplana vers Zendikar pour renforcer les sceaux.

Là, il rencontra Nissa. L’elfe avait passé sa vie à sentir la présence malveillante enfouie sous Zendikar. Maintenant, elle la voyait de ses propres yeux — les titans qui dormaient, les horreurs qui attendaient. Sorin lui demanda de l’aider à renforcer la prison, à maintenir les Eldrazi captifs pour l’éternité.

Nissa refusa.

Elle ne faisait pas confiance à Sorin — un vampire étranger qui avait utilisé son monde comme geôle. Elle croyait que si les Eldrazi étaient libérés, ils fuiraient Zendikar pour dévorer d’autres plans, laissant son monde en paix. C’était un calcul terrible, égoïste peut-être, mais compréhensible pour quelqu’un dont l’âme était liée à cette terre.

Dans un acte de défiance, Nissa brisa l’hédron principal de l’Œil d’Ugin.

Elle avait tort.

Les titans ne fuirent pas. Ils restèrent sur Zendikar et commencèrent à le dévorer.

À gauche, Emrakul, Déchirure des Éons, le plus grand et le plus terrible des titans, capable de corrompre l’esprit même de ses victimes. Au centre, Ulamog, le Gouffre Infini, une force de destruction pure qui transformait tout en poussière. À droite, Kozilek, Boucher de la Vérité, une entité qui déformait la réalité autour d’elle.

Les titans Eldrazi émergèrent de leur prison millénaire. Leurs formes défient toute description — des masses tentaculaires de géométrie impossible, des montagnes de chair et de vide qui transcendaient les couleurs de mana traditionnelles. Ils étaient incolores, fondamentalement étrangers à la réalité elle-même. Là où ils marchaient, les lois de la physique s’effondraient. Le temps se distordait. L’espace se pliait. Les créatures qui les regardaient trop longtemps perdaient la raison, leurs esprits incapables de traiter ce qu’ils voyaient.

Avec eux vinrent leurs lignées : des milliers d’Eldrazi mineurs, des drones et des progénitures qui se répandirent sur Zendikar comme une marée de destruction. La terre elle-même blanchissait à leur passage, drainée de toute vie, de toute couleur, de toute essence — transformée en poussière crayeuse que le vent emportait comme les cendres d’un monde mourant.

L’Éveil des Titans

Zendikar sombra dans le chaos. Des régions entières furent dévastées en quelques semaines. Les habitants — humains, elfes, kor, goblins, merfolks — se retrouvèrent face à une menace qu’ils ne pouvaient même pas comprendre. Comment combattre des créatures qui transcendaient la réalité ?

Nissa, rongée par la culpabilité, rejoignit les défenseurs de son monde. Sa connexion à Zendikar lui permettait de ressentir chaque blessure que les Eldrazi infligeaient au plan. C’était comme si sa propre chair était dévorée morceau par morceau.

D’autres planeswalkers accoururent. Certains pour aider. D’autres pour leurs propres raisons. Gideon Jura, un guerrier indestructible, organisa la résistance. Kiora, une merfolk de Zendikar, tenta de réveiller les léviathans des océans pour combattre les titans.

À gauche, Gideon Jura, le guerrier hiéromancien dont le corps était virtuellement indestructible. Au centre, Ob Nixilis Rallumé, un ancien planeswalker dont l’étincelle avait été volée, réduit à l’état de démon sur Zendikar. À droite, Kiora, la Vague Déferlante, une merfolk qui commandait les créatures des profondeurs.

La bataille pour Zendikar durerait des mois. Deux des titans — Ulamog et Kozilek — seraient finalement détruits grâce aux efforts combinés de plusieurs planeswalkers. Mais Emrakul, le plus terrible de tous, s’échappa. Le titan de la corruption mentale disparut dans les Éternités Aveugles, cherchant un nouveau monde à consumer.

Il trouverait Innistrad.

Les Graines de l’Avenir

L’éveil des Eldrazi n’était que le premier d’une série de cataclysmes qui secoueraient le Multivers post-Mending. Sur Mirrodin, le plan artificiel créé par Karn, l’huile luisante que le golem avait involontairement apportée corrompait lentement les habitants. Les Phyrexians renaissaient — non pas sous la bannière de Yawgmoth, mais sous de nouveaux préteurs qui transformeraient le monde métallique en Nouvelle Phyrexia.

Nicol Bolas tissait sa toile à travers les plans. Le dragon avait perdu une partie significative de son pouvoir avec le Mending, et cette humiliation le consumait. Il élaborait un plan sur des siècles pour retrouver sa divinité — un plan qui impliquerait de manipuler des civilisations entières, de déclencher des guerres, et de sacrifier d’innombrables vies.

Les planeswalkers de la nouvelle génération ne le savaient pas encore, mais ils seraient au cœur de ces conflits. Jace, Chandra, Liliana, Gideon, Nissa — cinq individus aux personnalités incompatibles, aux motivations contradictoires — allaient devoir apprendre à travailler ensemble. Ils formeraient une alliance appelée les Sentinelles — un pacte de protection mutuelle pour défendre le Multivers contre les menaces qui le menaçaient.

Mais avant cela, chacun devrait affronter ses propres démons. Liliana continuerait sa quête pour éliminer les quatre démons qui la possédaient. Garruk poursuivrait sa chasse maudite. Jace découvrirait des vérités sur son passé qu’il avait préféré oublier. Et Chandra retournerait sur Kaladesh pour découvrir que sa mère était toujours vivante.

À gauche, le Serment de Jace, par lequel le télépathe jura de protéger le Multivers. Au centre, le Serment de Chandra, où la pyromancienne promit de brûler ceux qui menaceraient les innocents. À droite, le Serment de Nissa, dans lequel l’animiste s’engagea à défendre chaque monde comme elle défendait Zendikar.

“Pour l’ombre des gens que nous aurions pu protéger.”
— Le Serment des Sentinelles

Bilan : L’Aube d’une Nouvelle Ère

L’ère post-Mending marqua un tournant fondamental dans l’histoire du Multivers :

Les Changements Majeurs

  • La fin des dieux — Les planeswalkers devinrent mortels, vulnérables, limités
  • Une nouvelle génération — Jace, Chandra, Liliana, Garruk, Nissa devinrent les nouveaux visages de la magie
  • Les Eldrazi libérés — La prison millénaire de Zendikar fut brisée
  • Phyrexia renaissante — L’huile luisante sur Mirrodin préparait un nouveau cauchemar
  • Les machinations de Bolas — Le dragon ancien ourdissait sa vengeance cosmique

Les Leçons Apprises

  • L’orgueil a un prix — Nissa crut pouvoir manipuler les Eldrazi et causa une catastrophe
  • Le pouvoir corrompt — Liliana, Garruk et Sarkhan furent tous transformés par leurs quêtes de puissance
  • L’union fait la force — Aucun planeswalker seul ne pouvait affronter les menaces cosmiques
  • Le passé ne reste pas enterré — Les anciens maux (Eldrazi, Phyrexia) revenaient hanter le présent

Le Multivers post-Mending était un endroit plus dangereux que jamais. Sans les Oldwalkers quasi-divins pour maintenir un équilibre brutal, de nouvelles menaces émergeaient partout. Mais c’était aussi un Multivers d’espoir — car cette nouvelle génération de héros, malgré leurs failles, leurs traumatismes et leurs erreurs, était déterminée à se battre pour un avenir meilleur.

Épisode 9 : La Guerre pour Zendikar

Les Eldrazi dévorent Zendikar. Gideon organise la résistance. Les Sentinelles se forment. Découvrez comment cinq planeswalkers aux personnalités incompatibles ont uni leurs forces pour affronter l’impossible — et le prix terrible qu’ils ont payé pour vaincre deux titans du néant.


Sources et Références

Cet épisode est basé sur :

  • Agents of Artifice — Roman de Ari Marmell (2009)
  • The Purifying Fire — Roman de Laura Resnick (2009)
  • Zendikar: In the Teeth of Akoum — Roman de Robert B. Wintermute (2010)
  • Extensions Lorwyn, Shadowmoor (2007-2008)
  • Extensions Zendikar, Worldwake, Rise of the Eldrazi (2009-2010)
  • MTG Wiki — Articles sur les planeswalkers de l’ère moderne et les Eldrazi

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